Roland-Garros, terre de business

ROLAND-GARROS 2010 Plus de 80.000 billets sont réservés aux opérations de relations Publiques (RP). Avec quelques conséquences sur le tournoi...

Matthieu Goar à Roland-Garros

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Elena Dementieva observée par deux spectateurs, le 30 mai 2010.
Elena Dementieva observée par deux spectateurs, le 30 mai 2010. — SIPA

De notre envoyé spécial à Roland-Garros

Salon Coupe Davis, court Philippe Chatrier. A l'entrée de Roger Federer sur le Central, les macarons et quelques sushis ont été abandonnés sur les plateaux. Les invités ont préféré rejoindre les sièges qui leur sont réservés sur plusieurs travées dans un coin du stade. «Nous essayons de les accueillir le plus simplement et le plus agréablement possible. Certains viennent dès le petit-déjeuner, d'autres vers 12 h ou encore, le soir, pour un dîner», explique Charlotte Thomine-Desmazures, responsable événementiel à la BNP. A ce rythme,dans ses quatre salons, la banque, partenaire historique du tournoi, accueille 10.000 personnes pendant la quinzaine de Roland, le «navire amiral» de sa communication.

Bienvenue dans l'autre Roland-Garros, celui des petits fours. Un événement business au coeur du tournoi. Sur les 460.000 places vendues pendant la quinzaine, 80.000 sont achetées par des entreprises pour leurs opérations de RP (relations publiques) . Rien que ça. «C'est l'événement mondain du printemps à Paris. Ces entreprises dépensent une moyenne de 500 euros par place», détaille Frédéric Longuépée, directeur délégué à la Fédération des Relations publiques. En moyenne car, les prix peuvent grimper en fonction des prestations (onze différentes, place sur un court annexe, repas gastronomique, tout est possible). Avec au sommet de la pyramide, le Club des Loges, 257 loges (1.800 places) sur le Central. Il faut attendre des années pour en espérer en louer une. «Nous les proposons en priorité aux entreprises les plus fidèles», explique Frédéric Longuépée.

Résoudre le problème des loges vides à l'heure du déjeuner

Malgré la crise, la liste d'attente ne désemplit pas. Recevoir à Roland-Garros est un must. Au sein des entreprises, les demandes s'accumulent. A la BNP, les agences font remonter les noms des personnes qu'elles désirent inviter. Leurs bons clients mais aussi des futurs partenaires à qui ils ont envie de faire partager un bon moment. Pas de réunions, de signatures de contrat, l'objectif est à la détente. «Nous avons refait le décor pour qu'ils se sentent bien. 50 hôtesses que nous avons choisies sur casting et 54 personnes chargées du service et de la cuisine s'occupent des invités», détaille Charlotte Thomine-Desmazures.

Avec quelques conséquences sur le tournoi en lui-même. Car si certains mangent sur le pouce, d'autres s'attardent à table. Notamment les VIP des loges. «Regardez en bas, les loges. Il n'y a personne. Ils sont en train de manger, râle Jean Gachassin, président de la FFFT.  Federer m'a dit un jour. «J'aime pas trop jouer entre midi et deux, il n'y a personne». Quelqu'un devant sa télé à Bagnères de Bigorres, je comprends qu'il râle.» Cette année, la FFT a proposé aux entreprises d'inviter quelqu'un en plus entre midi et deux pour remplacer celui qui va manger. Un service testé sur 50 loges. «Nous tirerons les enseignements après le tournoi», lâche  Frédéric Longuépée.