Quand les ultras s'invitent dans les salons de la LFP

FOOTBALL Une centaine de supporters en colère sont venus parler à Frédéric Thiriez et Jean-Pierre Escalettes...

Matthieu Goar

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«Nos impôts, pas pour l’Euro.» Les conférenciers qui assistaient à la conférence de presse de Jean-Pierre Escalettes et Frédéric Thiriez ont peut-être d’abord cru à une intrusion des contribuables en colère. Impression rapidement balayée. «Avec toi, Thiriez, c’en est fini du foot populaire», «Tu veux que le parc s’appelle Danone ou Mir couleurs?…». «Tu veux organiser l’Euro mais tu n’es pas capable de maîtriser 150 hooligans à Boulogne.» Sans violence mais avec conviction, une centaine de supporters d’Auteuil, un virage du Parc des Princes, sont venus perturber la conférence sur les stades organisée par la Ligue de Football Professionnel (LFP).

Des actionnaires qui tourneraint le dos à un foot populaire

Une façon de remettre en cause la candidature à l'Euro 2016 mais surtout plus globalement le foot business. Une action organisée le jour-même où le PSG annonce des mesures qui vont bouleverser les virages du Parc des Princes. «En tant que spectateurs réguliers, nous regrettons encore une fois que les principaux usagers des stades – les spectateurs – soient totalement écartés de tout processus de concertation autour de l’aménagement, la rénovation ou la construction des enceintes sportives», peut-on lire dans un communiqué distribué à l’assistance. Autre motif de leur colère:  les 150 millions d’euros de subventions promise par l’Etat pour préparer l’Euro 2016 «alors que les conditions de vie de la population ne cessent de se dégrader». Des subventions qui, selon eux, vont profiter à des actionnaires qui tournent le dos au foot populaire.

«Vous ne me faite pas peur, vous n’avez pas le monopole du cœur», leur a alors lancé le président de la LFP, Frédéric Thiriez. Huées, chants: «Supporters, nous serons toujours là…» Quelques minutes après le départ de Frédéric Thiriez et Jean-Pierre Escalettes par l’arrière de la scène, Selim, un supporter du PSG, a expliqué l’action. «Nous ne voyons pas le foot moderne comme un foot marchand mais comme un foot populaire qui doit servir la base et les gens. Je ne vois pas pourquoi je serai moins légitime que tous ces pontes du football qui ne réfléchissent qu’en terme de chiffre d’affaire et non en terme de lien social», a-t-il lâché avant de sonner le repli. A la sortie de l’hôtel de luxe, quelques policiers ont observé les jeunes sans en interpeller aucun. «A bientôt», ont-ils précisé avant de s'éparpiller.