Le marché des tournois de tennis

TENNIS Mode d'emploi pour s'offrir un tournoi ATP ou WTA...

Bertrand Volpilhac

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Rafael Nadal lors d'un match de Coupe Davis face à la République Tchèque, le 4 décembre 2009
Rafael Nadal lors d'un match de Coupe Davis face à la République Tchèque, le 4 décembre 2009 — D.RAMOS/SIPA/AP

Quinze ans après se dernière édition, le tournoi de Nice renait de ses cendres à partir de lundi. Un retour voulu depuis «plusieurs années» par le maire de Nice, Christian Estrosi, mais seulement entériné en novembre dernier. La faute à un manque d’opportunité dans le calendrier de l’ATP, l’association qui organise l’ensemble du circuit masculin de tennis. «Il ne suffit pas d’avoir de l’argent et du savoir-faire pour organiser un tournoi, explique Denis Naegelen, directeur du tournoi WTA (l’équivalent féminin de l’ATP) de Strasbourg. Il faut une date!» En effet, ATP comme WTA découpent leur calendrier en semaines, dont ils attribuent les droits à des promoteurs. Chaque semaine appartient donc à un promoteur, qui peut installer le tournoi où il le souhaite, à condition «de respecter l’intégrité du calendrier, précise Denis Naegelen. Pour le tournoi de Nice, par exemple, placé une semaine avant Roland-Garros, il ne faut pas qu’il soit à plus d’une heure de vol de Paris, qu’il n’y ait pas de décalage horaire et qu’il soit sur terre battue.»

300 à 400.000 euros la location

«Une date s’est libérée dans le calendrier, poursuit Jean-François Caujolle, co-directeur du Masters de Paris Bercy et organisateur de l’Open azuréen. Le promoteur du tournoi de Kitzbuhel, à qui appartient cette semaine du 16 au 22 mai, ne voulait plus organiser le tournoi en Autriche. Alors il a décidé de louer sa date, et c’est le premier à se jeter sur l’occasion qui l’a emporté.» Pour un bail de cinq ans de «300 à 400.000€ l’année» avec une option d’achat, le tournoi se déplace donc vers Nice, avec l’aval de l’ATP. Le prix de location est fixé en fonction de la catégorie du tournoi, les plus gros (hors Grand Chelem et Masters) étant les 500 series (11 tournois) puis les tournois 250 (40), dont Nice fait désormais partie. «Quand on veut obtenir une épreuve de ce type, résume Denis Naegelen, soit on achète à un promoteur, soit on la loue à un organisateur qui n’arrive pas, dans son contexte, à s’en sortir.» Pour autant, ces délocalisations ne sont pas très fréquentes. «Il y a très peu de transactions, conclut-il. Le calendrier est assez stable.»