Kita, le président qui faisait valser les coachs

FOOTBALL 20minutes.fr décrypte la gestion du FC Nantes, un club historique incapable de remonter en Ligue 1...

David Phelippeau, à Nantes

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« On a pris du retard sur le plan du jeu et des résultats », admet Waldemar Kita.
« On a pris du retard sur le plan du jeu et des résultats », admet Waldemar Kita. — J-S. EVRARD / 20 MINUTES

Le FC Nantes va rester sur le palier de la Ligue 2. Le club du président Waldemar Kita a eu beau appuyer sur le bouton toute la saison, l’ascenseur n’est jamais venu. En août prochain, les Canaris débuteront donc leur deuxième exercice consécutif dans l’antichambre de l’élite (à moins que… 14e à seulement 4 points du premier relégable, les Canaris jouent un match important face à Ajaccio mardi soir). Avec le même entraîneur Baptiste Gentili à sa tête? Rien n’est moins sûr car le président Waldemar Kita, à la tête du FCN depuis l’été 2007, est un coupeur de têtes. «De toute façon, je n’aurai jamais confiance en un entraîneur, avait-il déclaré en mai 2008. Je pense qu’ils ne savent pas gérer les hommes.» En matière de gestion humaine, le président Kita n’a d’ailleurs pas fait dans la dentelle cette saison. Trois entraîneurs (Gernot Rohr, Jean-Marc Furlan et Baptiste Gentili) se sont succédé. Un paradoxe pour un club qui avait la réputation il y a encore peu de laisser le temps au technicien. Un record pour un club qui n’avait connu entre 1963 et 2001 seulement cinq entraîneurs.

Kita veut tout savoir, tout gérer

C’est simple, un technicien qui veut durer au FCN doit s’accommoder de l’ingérence présidentielle. Dans les allées de la Jonelière, on appelle cela la «Kita-compatibilité». Certains donc s’adaptent, d’autres se rebiffent. Jean-Marc Furlan fait partie de cette seconde catégorie. L’ex Strasbourgeois a débarqué sur les bords de l’Erdre, en remplacement de Gernot Rohr, avec ses convictions et son caractère. «Oui, je suis sûr d’avoir les mains libres sur le plan sportif, répète-t-il, affirmatif, lors de son intronisation. Il faut apprendre à me connaître, j’ai du caractère!» Il en a tellement que, dès le deuxième jour, il se fâche avec le président Kita. A peine arrivé, le nouvel entraîneur décide de trancher certains cas. David de Freitas, jusqu’alors écarté en raison de certaines déclarations qui n’ont pas plu aux dirigeants, est promu capitaine. C’est la pomme de discorde entre le président et l’entraîneur. Celle qui fissure à jamais la relation entre les deux hommes. Souvent, micros éteints, Furlan stigmatise l’ingérence et l’extravagance de Kita. A l’entendre, pour ne pas subir de reproches, il faut se fendre de plusieurs coups de fil quotidiens au président. Car Kita veut tout savoir, tout gérer. C’est lui le patron.

«Je lui expliquais mes choix!»

Gernot Rohr s’accommodait parfaitement de ce mode de fonctionnement. Il n’y avait aucun problème, explique l’ancien technicien nantais. Nous avions des rapports directs. On échangeait tous les jours, même si nous n’étions pas toujours d’accord. Je lui expliquais mes choix!» Et Kita imposait sans doute les siens.