Et Valverde court toujours

CYCLISME L'Espagnol remporte le Tour de Romandie dans un climat de suspicion...

Matthieu Payen

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Le coureur de la Caisse d'Epargne Alejandro Valverde remporte le Tour de Romandie, le 2 mai 2010
Le coureur de la Caisse d'Epargne Alejandro Valverde remporte le Tour de Romandie, le 2 mai 2010 — REUTERS/Denis Balibouse

A l’arrivée, Alejandro Valverde lève son poing serré. Une image qui en rappelle d’autres. Dimanche, le coureur espagnol s’est adjugé la dernière étape du Tour de Romandie et le classement général de l’épreuve. Un cinquième succès cette saison qui le place en tête du classement mondial de l’UCI. Bref, un départ en fanfare, s’il n’y avait cette épée de Damoclès qui plane au-dessus de sa tête.

Car depuis un an, Alessandro Valverde est au centre d’un imbroglio dont l’issue est très incertaine. En 2006, l’affaire Puerto éclate en Espagne, impliquant de nombreux coureurs ayant eu recours aux bons soins du docteur Fuentes. Poches de sang, produit masquant, noms de code,… Parmi les personnes citées se trouve Valverde. Mais ce dernier ne fait étrangement l’objet d’aucune procédure disciplinaire. Ce n’est qu’en février 2009 qu’une sanction tombe. Le Comité national olympique italien (Coni), s’appuyant sur une poche de sang suspecte saisie chez le docteur Fuentes, l’interdit de toute compétition sur le territoire italien pendant deux ans. Une décision confortée par le Tribunal arbitral du sport et la Cour suisse des Droits de l’homme, pourtant saisis par le coureur. Bilan: quelques courses manquées, dont le Tour de France 2009, mais rien de désastreux. Le Murcian se venge même en enlevant le Tour d’Espagne.

Une nouvelle affaire?

Dès lors, l’Union cycliste internationale (UCI) se pose la question sur la suite à donner à l’affaire: faut-il élargir la condamnation italienne ou faut-il garantir la présomption d’innocence du coureur? Pour le moment, c’est la seconde option qui a cours. Et celle-ci convient parfaitement aux organisateurs des compétitions. «Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise pub pour le Tour de Romandie, confie à la Tribune de Genève Richard Chassot, directeur de l’épreuve suisse. Pour moi, dès l’instant qu’Alejandro Valverde a le droit de courir, il a le droit de gagner. Cette semaine, il était le plus fort et c’est tout.» Du côté d’Amaury Sport Organisation, on se défausse aussi: «Une procédure est en cours et nous devons la respecter», balaie le patron du Tour de France Christian Prudhomme, qui n’avait pas eu la même clémence envers Tom Boonen en 2008.

Le vent du boulet pourrait néanmoins revenir siffler aux oreilles de Valverde dans le cadre d’une autre affaire. Fin avril, le quotidien espagnol Publico révèle que le coureur est impliqué dans l’affaire Grial. Onze personnes ont été arrêtées en novembre dernier pour un trafic d’Epo, hormones de croissance et de produits masquants. Parmi ces personnes, Walter Viru, médecin de l’équipe Kelme entre 2002 et 2004, équipe dont l’Espagnol faisait partie à l’époque. Pourtant, il pourrait une nouvelle fois passer entre les gouttes. Les codes de l’Agence mondiale antidopage stipulent en effet qu’il y a prescription lorsque les faits remontent à plus de huit ans. Pas sûr qu’Alejandro Valverde ne desserre le poing de sitôt.