Laurent Blanc lutte contre la sinistrose

Lauren Horky à Bordeaux

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Laurent Blanc lors du quart de finale de Ligue des champions face à lyon, le 30 mars 2010.
Laurent Blanc lors du quart de finale de Ligue des champions face à lyon, le 30 mars 2010. — Reuters

Il a beau avoir touché le Graal en 1998, Laurent Blanc n’en reste pas moins un entraîneur comme les autres. Sur un nuage fin 2009, le technicien bordelais est confronté depuis début janvier à une tempête. Sa première dans cette fonction, presque trois ans après ses débuts aux Girondins de Bordeaux. «Lors de la trêve hivernale, au lieu de décompresser, on a déconnecté, a-t-il expliqué avec le recul au micro de l'émission du Canal Football Club. On a enlevé la prise et on a pensé qu’en la remettant en 2010, cela suffirait. On ne va pas se chercher des excuses, on est dos au mur.»

«Tout le groupe est atteint»

Cela fait pourtant trois mois que Laurent Blanc tente de remettre le courant. Trois mois qu’il cherche, teste, effectue des changements. De systèmes comme de joueurs. Sans succès. «S’il suffisait de changer pour solutionner les problèmes, ce serait facile. Dans des périodes comme ça, c’est tout le groupe qui est atteint. Et il a besoin de reprendre confiance. » Lui le premier? Malgré ses efforts, le coach n’est toujours pas parvenu à trouver la bonne formule. A chaque conférence de presse, il apparaît de plus en plus tendu. « Le staff technique a fait des choix mais ce sont les joueurs qui ont la clé», a-t-il expliqué hier, invité du Canal Football Club. Presque résigné, il a ajouté que «la vérité n’est pas facile à entendre, pas facile à dire non plus».

A sa décharge, les blessures successives de ses joueurs clés (Diarra, Gourcuff, Planus et maintenant Fernando forfait pour le restant de la saison) ne lui ont pas facilité la tâche. Le manque de profondeur de banc, passé inaperçu en 2009 alors que Bordeaux était épargné, se fait cruellement sentir au moment des coups durs. Il n’empêche, le temps presse: «On entre dans le money-time et on a très peu de temps pour rectifier le tir. J’espère que ce sera chose faite dès mercredi. C’est dans ces moments-là que l’on voit la valeur des hommes et la valeur du groupe.» Laurent Blanc n’a pas fini de machonner sur ses touillettes.