« C'est comme si ta femme te disait un matin : “tu dégages !” »

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Dany Fortin
Ex-entraîneur du NAHG.
Quand avez-vous su
que vous étiez remercié [Nantes

joue les play-downs de D2] ?
Il y a dix jours, j'ai eu mon président au téléphone, qui m'a dit qu'il me convoquait. Le lendemain, j'ai fini par le rappeler et je lui ai dit que s'il avait quelque chose à me dire, il fallait qu'il me le dise. Il m'a alors dit que je n'étais plus l'entraîneur. Il m'a proposé de rester en tant que joueur. Mais, pour moi, ce n'était plus possible. Cela aurait pu créer un malaise.
Comment le vivez-vous ?
C'est difficile à vivre. Je suis à Nantes depuis 1996. J'ai grandi ici. Cela restera mon club. Je ne pensais pas que ça allait être aussi dur. C'est comme si ta femme, un matin, mettait ta valise sur le pas de la porte et qu'elle te disait : « Tu dégages ! ».
En voulez-vous à vos dirigeants ?
C'est la manière et le moment que je leur reproche. J'étais prêt à faire des concessions. Si cela avait été fait autrement et plus tôt, j'aurais davantage accepté. Là, c'est à trois journées de la fin… Je ne veux pas en dire davantage.
Samedi, les Corsaires ont gagné un match important pour le maintien…
Tant mieux. Je souhaite vraiment que le club se maintienne en deuxième division. Samedi, ça a été dur à vivre. Pendant le match, j'ai réalisé que c'était vraiment fini pour moi. La victoire de samedi va conforter les dirigeants dans leur décision, mais je pense que le malaise est plus profond.
Qu'allez-vous faire désormais ?
J'étais dans un état de tension avec les résultats. Je me repose. J'ai déjà eu des coups de fil de clubs qui veulent de moi comme joueur. Ma priorité, c'est de rester sur Nantes. Je ne veux pas que ce qui m'arrive ait des répercussions sur ma famille.Recueilli par D. P.