«MJBA», quatre prénoms pour se faire un nom

BASKET Avec son pivot de 2,05m, le Paris-Levallois peut viser une place en play-off...

Romain Scotto

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Le basketteur du Paris Levallois, Michel Jean-Bapstiste Adolphe, dans la salle de Levallois, le 30 mars 2010.
Le basketteur du Paris Levallois, Michel Jean-Bapstiste Adolphe, dans la salle de Levallois, le 30 mars 2010. — S.Ortola/20Minutes

Inutile de lui demander s'il a sa petite préférence. Avec ses quatre prénoms, Michel Jean-Baptiste Adolphe (dans l'ordre) s'accommode de tous les surnoms. «MJBA» pour certains de ses coéquipiers. «Jbam», dans la bouche de George Eddy, le commentateur exalté de Canal+. «Les gens m'appellent par tous mes prénoms! ça ne m'a jamais dérangé», glisse d'une voix grave le pivot parisien. 2,05m sous la toise, l'un des gabarits les plus imposants de Pro A. Mais surtout l'un des plus en vue cette saison à son poste.

«Avec lui, c'est facile, glisse Jean-Marc Dupraz, le coach du PL. Il répond aux attentes et donne toujours plus ce qu'on espère. C'est quelqu'un qui donne tout et ne calcule pas.» Dans sa raquette, le joueur aime faire sa loi avec ses 111 kilos pour ruiner les shoots adverses. En phase offensive, il est aussi de ceux qui tentent systématiquement de démolir le panier. Forcément, le public est fan. «On dit parfois que je suis le chouchou, oui. Mais c'est juste que je suis un joueur naturel.» Chose rare en ProA, le colosse prend toujours le temps d'échanger avec les supporters à la fin des matchs. «Je pose des questions pour savoir comment les gens ont ressenti le match. Certains connaissent bien le basket. J'aime avoir leur avis. J'essaye de prendre ce qu'ils me disent pour m'améliorer.»

Fan de Shaquille O'Neal

A 30 ans, le Martiniquais sait qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps. Arrivé sur le tard au plus haut niveau (à 24 ans), après quelques années de foot, le géant de Paris-Levallois fait déjà  partie des meilleurs pivots français. Peut-il rêver d'une place chez les Bleus? «Aujourd'hui, c'est un peu tard pour lui, confie son coach. Mais des joueurs avec un tel impact physique, il n'y en a pas énormément. S'il avait commencé plus tôt, il aurait pu y aller.» Il y a quelques années, ce fan de Shaquille O'Neal s'imaginait aussi en NBA. Avant de se raviser. «A un certain âge, il ne faut pas se voiler la face. Il faut savoir faire une croix sur certains de ses rêves.»

Au lieu de cela, Adolphe a tout connu avec son club depuis quatre ans. La descente en ProB, la remontée au sein de l'élite, et peut-être la qualification pour les play-offs dans les jours à venir. A six journées de la fin, le promu (7e) a toutes les chances de s'inviter parmi les huit premiers du classement. «A la base, l'objectif était le maintien, mais nous, on veut plus que ce que demandent les dirigeants. Les play-offs, c'est devenu un vrai objectif.» S'il l'atteint, les supporters du club auront sûrement de jolies choses à lui raconter.