Chelsea-Inter en live comme-à-la-maison

Matthieu Goar (A.P. pour le live)

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L'entraîneur de l'Inter Milan, José Mourinho, lors d'un match de Ligue des champions face à Rubin Kazan, le 9 décembre 2009
L'entraîneur de l'Inter Milan, José Mourinho, lors d'un match de Ligue des champions face à Rubin Kazan, le 9 décembre 2009 — S.Rellandini/REUTERS

AVANT-MATCH

Il a quitté son banc comme un prince. «Je vous souhaite bonne chance. Même à ceux qui m'ont trahi.» Le 19 septembre 2007, Jose Mourinho salue ses troupes dans l’intimité du vestiaire. Quelques heures après un match nul face à Rosenborg en Ligue des champions et une orageuse dispute avec Roman Abramovitch, Mourinho démissionne.  Mardi soir, le Mou' revient en son royaume de Chelsea pour un 8e retour de Ligue des champions (le match aller a été remporté 2-1 par l’Inter). Et il n’a pas l’intention de perdre la deuxième bataille. Même sous ses nouvelles couleurs de l’Inter Milan. «Tout le monde sait que Mourinho n’a jamais perdu à Stamford Bridge. Mon record est inégalable…», a-t-il déclaré au Sun. Le retour de l’entraîneur prodigue promet…

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Mardi soir, assis sur le banc des visiteurs, la mine boudeuse, l’adversaire Mourinho recevra une ovation. Par peur d’être étouffé par la personnalité débordante de l’ex, les Blues tentent depuis quelques jours de dégonfler l’attente autour du come-back.  «C’est plus important pour les supporters qu'il ne l'est pour nous. Nous, les joueurs, nous voulons juste battre l'Inter», a relativisé Florent Malouda. Même objectif pour Carlo Ancelotti, le coach des Blues. «Tous les joueurs de Chelsea et ceux de l’Inter sont focalisés sur ce match. Ils ne sont pas intéressés par le reste», a expliqué l’ancien entraîneur du rival milanais qui a promis de partager un verre de vin à la fin du match avec Mourinho malgré leur inimitié depuis certains derbys houleux entre les deux Milan.

Une ombre qui perdure

Carlo a du flair. Car il ne vaut mieux pas se dresser contre Mourinho dans l’ouest de Londres. Ici, son ombre perdure. Son bilan avec Chelsea est proche de la perfection. En trois saisons sous ses ordres, les Blues n’ont jamais perdu à domicile en championnat et ont remporté deux titres de champion, une Coupe d’Angleterre et 2 Coupes de La Ligue. Prétentieux, anticonformiste, élégant et violent, très irritable et irritant, Mourinho avait su incarner le Chelsea bling-bling de l’ère Abramovitch. «Si j'avais voulu un travail facile, je serais resté à Porto: une magnifique chaise bleue, le trophée de la Ligue des Champions, Dieu. Et après Dieu, moi…», avait-il affirmé en arrivant à Chelsea lors d’une célèbre conférence de presse où il s’était auto-baptisé le «Special One».

Une arrogance qui avait rendu leur fierté à la masse des supporters du club londonien, plus célèbres pour le hooliganisme des années 80 que pour leur vitrine des trophées. «Pour la plupart, nous nous étions résignés à ne jamais remporter le championnat. Avant son arrivée, nous nous étions habitués à des décennies de médiocrité», a ainsi expliqué à l’AFP la présidente des supporters des Blues, Trizia Fiorellino qui oublie que le Portugais avait été poussé vers la sortie à Chelsea pour son manque de résultats en… Ligue des champions.