Et si la femme était finalement l'avenir de l'OM ?

Clément Thiriau

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Comme une anomalie dans le paysage footballistique professionnel. Le Paris Saint-Germain, l'Olympique Lyonnais, le Montpellier HSC ou encore le Toulouse FC possèdent tous une section féminine de haut niveau en leur sein. Fers de lance de l'Hexagone, les Lyonnaises disputeront même demain les quarts de finale de la Ligue des champions. De son côté, l'OM ne peut pas en dire autant. Même s'il n'en a pas toujours été ainsi.
Une équipe féminine avait été montée au sein du club marseillais dans les années 1970, grâce au président Marcel Leclerc. Une trentaine de licenciées jouaient en championnat de District, à un niveau équivalent à la Division d'honneur. Puis, certaines filles sont parties évoluer dans d'autres clubs, ainsi que l'entraîneur de l'époque. L'équipe a fini par disparaître en 1980. « Les filles avaient de bons résultats, mais on rentrait déjà dans le système des représentants de joueurs, de primes, etc. », explique Jacky Pol, responsable de la section amateurs de l'OM.
Depuis ce temps-là, l'association ne veut plus entendre parler de filles. « Notre but, c'est de former des jeunes pour qu'ils accèdent à l'équipe professionnelle. Point barre », affirme Jacky Pol. Pourtant, les choses sont peut-être en train de changer. L'idée de créer une section féminine à l'OM fait son chemin. C'est le président de la Ligue de Méditerranée, Alain Porcu, qui a soumis le projet aux dirigeants olympiens.

Fusion avec le Celtic Marseille
ou nouvelle entité propre ?
Lors des premiers échanges, les directions administrative et sportive du club phocéen ont donné un avis favorable au projet. « Les choses changent et c'est le moment d'y réfléchir. Il faut prendre le train en marche et sauter dedans », confie José Anigo, directeur sportif de l'Olympique de Marseille.
Deux axes de travail seraient envisagés par les dirigeants olympiens. S'appuyer sur une structure préexistante, le Celtic Marseille, le club féminin de la cité phocéenne, pensionnaire de la troisième division nationale, sous la forme d'une fusion. Hypothèse accueillie avec bienveillance par le président Tony Liboire. « Il n'y aucun problème là-dessus. On fait ce qu'on peut dans le cadre de notre association. Ce ne serait que positif pour garder les filles, lance-t-il. Toutes rêveraient de porter un jour le maillot de l'OM. »
Autre piste, créer une entité propre, ce qui impliquerait de partir du bas l'échelle. Une nouvelle réunion est prévue dans les prochaines semaines, qui devrait préciser les contours de cette future section féminine.

Du côtéde la Fédération

La réglementation en matière de foot féminin pourrait rapidement évoluer. A la FFF, il serait de plus en plus question d'imposer une section féminine au sein des clubs professionnels pour en favoriser la promotion. « Ce peut être une solution efficace si notre campagne d'incitation ne fonctionne pas », indique Elizabeth Bougeard, chef de projet de la Ligue de football amateur. Raison de plus pour que l'OM se lance dès maintenant dans l'aventure.