Et si on se faisait un foot après le boulot?

FOOT De plus en plus de complexes permettent aux mordus de ballon rond de pratiquer leur passion au chaud et jusqu'à très tard le soir...

A.P.

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Le Street à Beauchamp, le 1er mars 2010.
Le Street à Beauchamp, le 1er mars 2010. — S.Ortola / 20minutes

Taper un foot entre amis après une longue journée de travail relève souvent du parcours du combattant en région parisienne. Il faut arriver de bonne heure pour réserver un stabilisé (quand il est disponible), souvent défoncé et avec vue plongeante sur le périphérique. Face à ce mal bien citadin, des structures d’un nouveau genre occupent un créneau en plein devenir. Ils s’appellent Urban Foot (à Puteaux et Meudon), le Five Football Club (à Aubervilliers) ou Le Street et proposent une version urbaine et modernisée du football en salle. Ici pas de parquet ou de béton rugueux, mais un revêtement synthétique dernière génération pour épargner les articulations, les panneaux sur le côté et les filets au plafond empêchent le ballon de sortir.

Situé en pleine zone artisanale de Beauchamp dans le Val d’Oise,  le Street est le dernier né de ces complexes. Dans un hangar aménagé et relooké, quatre potes (dont le joueur de Grenoble Jean Calvé) ont investi 120.000 euros qu’ils espèrent très vite rentabiliser. Gérant et cheville ouvrière du Street, Maktoum Nhari veut surfer sur la vague de ce football after-work. «Il y a encore quelques années, les mecs n’avaient pas envie de payer pour jouer. Les mentalités ont pas mal évolué. On paye bien pour jouer au tennis. Pourquoi pas pour le foot?»

«Ca remplace une séance de cardio»

Ouvert jusqu’à minuit (et plus si affinités), Le Street ne désemplit pas. «Revenez dans deux heures», indique Maktoum à une bande de potes arrivant de Seine Saint-Denis et dont les maillots trahissent un certain attachement pour le Portugal. Aux deux terrains déjà disponibles, trois doivent le jour dans le courant de l’année pour satisfaire la demande.  A l’étage, un bar aménagé donne sur les deux terrains. CAN, Coupe d’Europe ou Ligue, ici la télé bloque toujours sur le ballon rond. Aujourd’hui, le PSG dispose tant bien que mal de Vesoul en Coupe de France. «Mais c’est quoi cette équipe? Mais tu as vu le niveau des mecs ?», vitupère un ancien de la Tribune Boulogne et fidèle du Street.

 Ce mercredi soir, le niveau de jeu au Street est à l’image de celui du PSG: fluctuant. «Ceux qui viennent du foot des cités trouvent tout de suite leurs repères sur ce genre de terrain. C’est plus compliqué pour les footballeurs champêtres», rigole Maktoum Nari. Intense et impitoyable pour les poumons fatigués, ces cinq contre cinq «remplacent bien une séance de cardio, sauf qu’ici tu ne payes pas 600 euros l’année ta cotisation pour une salle de gym», glisse un habitué dans son maillot de la Bulgarie tout trempé. Gros bémol par rapport aux salles de sport: les filles se font très rares pour l’instant. 

Les règles

Les règles du foot urbain sont simplifiées pour faciliter la rapidité du jeu sur un terrain de 25m de longueur et de 15 mètres en largueur.   Ici, pas de touches, le ballon ne sort jamais et les joueurs sont autorisés à jouer avec les palissades qui entourent le terrain. Les tacles sont prohibés et le gardien  n’a pas le droit de quitter sa surface de réparation. Les joueurs de champs n’ont eux pas le droit d’y rentrer.