Djibril Cissé: «Je réalise que l'équipe de France est quelque chose de précieux»

FOOT Après deux ans d'absence, le nouveau buteur du Panathinaïkos profite du forfait de Louis Saha pour retrouver le groupe France...

Propos recueillis par A.P. à Clairefontaine

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 Djibril Cissé, le 27 mai 2008, lors du match amical entre les Bleus et l'Equateur.
 Djibril Cissé, le 27 mai 2008, lors du match amical entre les Bleus et l'Equateur. — REUTERS

Détendu et souriant, Djibril Cissé savoure son retour à Clairefontaine. S’il n’a jamais douté de lui, l’ancien Marseillais comprend pourquoi Raymond Domenech ne faisait plus appel à lui.

Djibril, vous devez être heureux de retrouver le chemin de Clairefontaine ?

Oui. On s'est perdu avec le taxi d’ailleurs en venant. Mais ça fait du bien de revenir ici.

Comment avez-vous réagi jeudi après votre non-convocation?
 Après ma déception initiale, cette convocation m'a apaisé. Je suis un passionné, ça m'a un peu embêté de ne pas être sélectionné jeudi. Maintenant, j’ai vraiment  hâte d’être au match et de démontrer que je suis un joueur de qualité.

Comme avez-vous vécu vos deux années loin de la sélection?
C’est dur à vivre. J’avais mes habitudes avec cette équipe et d’un coup ça fait bizarre de regarder les matchs à la télé. J’étais très déçu, mais je n’ai jamais lâché et ça paye aujourd’hui. Je réalise que l’équipe de France est quelque chose de précieux. Peut-être que je me suis laissé aller, pas avec les Bleus, mais en club. C’était pour ça que je n’étais pas sélectionné.

Votre parcours avec les Bleus a  souvent été marqué par la malchance entre votre suspension pour l’Euro 2004 après un carton rouge avec les espoirs et une jambe cassée avec le Mondial 2006. Peut-on parler de malédiction?
 J’ai eu un peu de malchance c’est vrai, mais je m’accroche. Je suis superstitieux, mais quand c’est positif. Quand c’est mauvais, je ne fais pas attention.

Cette convocation prouve-t-elle qu’évoluer en Grèce n’est pas rédhibitoire pour retrouver les Bleus? 
J'ai été clair dès le début, j'ai toujours dit que je pensais encore à l'équipe de France et que j’allais tout faire pour y retourner. J'en suis à 20 buts en championnat et 5 en Ligue Europa. Les gens peuvent critiquer mon choix et dénigrer le championnat grec mais on a prouvé en Ligue Europa en sortant l’AS Roma qu’on est une bonne équipe. Et puis il fait beau, les gens sont gentils et il y a du bon poisson si vous aimez.

Il y a quelques mois vous aviez avoué que plusieurs attaquants étaient passés devant vous dans la hiérarchie. Avez-vous l’impression d’avoir rattrapé votre retard?
Je reviens un petit peu. Il y a encore pas mal de matchs avant l’annonce de la liste pour le Mondial début mai.

Avez-vous douté de retrouver l’équipe de France?
Non, jamais. Je ne doute pas. Certains me pensent prétentieux, mais c'est une de mes qualités. Je m’accroche toujours.

Qu’est-ce qui a changé depuis votre passage à Marseille où vous étiez souvent sous le feu des critiques?
Je le savais avant de signer là-bas. L’OM, c’est un environnement particulier même si  j’adore ce club. Je n’ai pas connu ces critiques au Panathinaïkos, pourtant j’ai eu du mal au début dans mon jeu. Les supporters m’ont toujours aidé.