le jour où le stadium nord a pris l'eau

A. M.

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Contout (au centre) double la marque en profitant d'une bourde d'Adil Rami (à gauche).
Contout (au centre) double la marque en profitant d'une bourde d'Adil Rami (à gauche). — P. HUGUEN / AFP

Finalement, chez lui, Lille n'est pas « waterproof  ». Hier, Auxerre a mis fin à sept mois d'invincibilité nordiste au Stadium en l'emportant (1-2). Ce match-là, le Losc a pourtant tout fait pour ne pas le jouer. Entre les blessés (Gervinho, Debuchy, De Melo) et l'escapade à Istanbul, ça sentait l'embuscade icaunaise. A 15 h, l'arbitre avait prévenu que si la pluie ne cessait pas, tout le monde pouvait rester au chaud. Elle ne s'arrêta jamais, mais M. Coué ne fit que reculer le coup d'envoi de deux heures. « C'est n'importe quoi », pouvait lâcher Frédéric Paquet, le directeur général lillois. Il a donc fallu y aller, et pour sortir vivant de cette partie, il aurait fallu des Lillois bien plus frais. Rincés après cinq matchs en deux semaines, les Dogues ont abusé de longs ballons en première période pour ne pas avoir à tricoter sur le bourbier du Stadium. De son côté, Auxerre a passé son match à pourrir la tenue de balle nordiste à coups de petites fautes horripilantes (28 au total, une toutes les trois minutes).
Au bout d'une vingtaine de minutes, ça sentait déjà la soirée foireuse, d'autant que Contout avait ouvert le score de la tête sur corner (0-1, 19e). A ce moment de la partie, le mérite des Lillois fut de ne pas s'affoler, de laisser Balmont régler le cas Pedretti, et M. Coué de faire pleuvoir les cartons auxerrois (six au total). Le Stadium trempé, vécut comme un soulagement le but d'Hazard reprenant une frappe contrée de Cabaye (1-1, 35e). Mais la suite ne fut qu'une série de coups d'épées dans l'eau : coup franc d'Obraniak sauvé par Sorin (56e), but refusé à Frau pour hors-jeu (62e), tête de Costa juste au-dessus de la barre (65e). L'AJA y alla d'un vrai coup de poignard, avec Contout. Bien aidé par une bourde de Rami, il réussit un doublé (1-2, 72e). « En foot, c'est pas toujours la meilleure équipe qui gagne. On manquait de carburant, mais si on ne pouvait pas le gagner, il aurait fallu ne pas le perdre », souffle Rudi Garcia. Pour lui et ses joueurs, il est urgent de passer à la pompe.