Supporters niçois, les raisons d'un clash

FOOTBALL Entre les ultras et la direction de l'OGC Nice, le dialogue ne passe plus...

Romain Scotto

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Les supporters niçois, sur la pelouse du stade Louis II, à Monaco, le 30 janvier 2010.
Les supporters niçois, sur la pelouse du stade Louis II, à Monaco, le 30 janvier 2010. — V.Hache/AFP

Gilbert Stellardo est un doux rêveur. Le président niçois ne désespère  pas de voir un jour un «public à l’anglaise» soutenir son équipe. Des supporters policés et passionnés qui n’ont rien à voir avec les «énergumènes» qui l’insultent à chaque match. Depuis qu’il a pris ses fonctions fin septembre, le successeur de Maurice Cohen tente de faire face.

Samedi dernier à Monaco, il s’est encore dit «impuissant» face aux débordements d’une frange du public niçois. «Des sauvages qui ne comprennent pas grand-chose au football», selon lui. Cet après-match houleux, marqué par l’envahissement de la pelouse et quelques échanges de coups, risque de coûter cher au club niçois. La commission de discipline de la Ligue ne devrait pas rester indifférente. D’autant qu’hier, la secrétaire d’Etat aux sports, Rama Yade, s’est montrée très ferme envers les auteurs de ces violences.

«Une trentaine de jeunes sans cervelle»

Le club est perçu par la Ligue comme l’un des plus mauvais élèves de la L1, «où les interdictions de stade ne sont pas respectées et où le ménage des tribunes n’est pas fait», confie anonymement un membre du conseil d’administration de la LFP.

Membres actifs de la Brigade Sud, un groupe d’Ultras niçois, Gilles réfute ces accusations. Dans le cas monégasque, il pointe avant tout la  responsabilité des CRS , dont l’intervention «inutile et stupide» à coups de gaz lacrymogènes a contraint les stadiers à évacuer la tribune. Selon lui, les actes de violence qui ont suivi ne sont imputables qu’à «une trentaine de jeunes sans cervelle qui ont fait n’importe quoi sous prétexte qu’ils étaient sur le terrain».

Le spectre de la relégation

Les membres de la BSN regrettent l’image sulfureuse qu’ils traînent en France. Les «interventions de communications déplacées» de leur président Gilbert Stellardo, en seraient la cause. La fracture est là. La nomination de l’actionnaire majoritaire à la présidence n’a jamais été acceptée par les Ultras. Ceux-ci se disent de plus en plus préoccupés par l’absence de résultats et le manque de perspectives du club, toujours dans l’attente de la reprise des travaux de son grand stade. Autant d’éléments qui poussent les membres BSN à affirmer que «jamais la situation n’a été aussi tendue depuis huit ans et la remontée
de D2». Une division dont se rapproche dangereusement le Gym ces derniers temps.