Colin Kazim-Richards, une recrue aux multiples facettes

Nicolas Stival

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Après deux prestations décisives avec le TFC, Kazim se frottera demain à l'OM.
Après deux prestations décisives avec le TFC, Kazim se frottera demain à l'OM. — JF. MONIER / AFP

Qu'il fête sa première titularisation en Violet ou qu'il débute sur le banc,

Colin Kazim-Richards aura forcément un rôle à jouer demain soir contre Marseille, en demi-finale de la Coupe de la Ligue. Le jeune international turc (23 ans, 21 sélections), prêté pour la fin de saison par Fenerbahçe, a déjà signé deux entrées tonitruantes à Guingamp (0-1) en quarts de finale de Coupe de la Ligue puis au Mans (1-3, un but) en L1. « On parle surtout de moi parce que je suis nouveau », minimise-t-il. Pas seulement. Sa technique, sa puissance et sa polyvalence - il peut jouer en pointe et sur les deux ailes - constituent une bénédiction pour Alain Casanova.

« L'entraîneur me gère très bien, apprécie l'ancien joueur de Bury (D4 anglaise), Brighton (D2) et Sheffield United (Premier League), transféré à Fenerbahçe à l'été 2007. Physiquement, c'était impossible de débuter les deux derniers matchs. Je n'avais plus joué depuis le 27 novembre à cause d'un accident de voiture. » Lucide, Kazim affiche en outre « un caractère charmant », selon Alain Casanova. Précédé d'une réputation sulfureuse, le jeune attaquant fait tout pour séduire son nouvel entourage. Hier, il est longuement revenu sur son itinéraire atypique, débuté à Leytonstone, dans la banlieue nord-est de Londres.

« Je suis Britannique, Turc et Antiguais, explique Kazim, dont le père est originaire de l'archipel caribéen d'Antigua-et-Barbuda et la mère de la partie turque de Chypre. Je ne peux pas choisir entre les trois. Mais, en terme de football, je suis Turc. La Turquie m'a convoqué en premier (au printemps 2007). L'Angleterre n'a réagi qu'ensuite. C'est l'une des meilleures décisions que j'ai prises. »

Avant d'atteindre la demi-finale de l'Euro 2008, l'intégration n'a pas été aisée. « Je ne parle pas couramment le turc, mais je me fais comprendre », explique ce passionné de musique (R'n'B, reggae, hip-hop) et... de gros chiens, du pitbull au dogue de Bordeaux en passant par le rottweiller et l'American Staffordshire. « J'en ai neuf au total. J'adore les promener en forêt. » Trois de ses adorables toutous vont bientôt rejoindre l'Anglo-Turc et sa petite amie dans la maison qu'ils rejoindront en fin de semaine. D'ici là, Marseille viendra disputer au TFC un billet pour le Stade de France. « C'est le genre de matchs dont tu rêves quand tu as neuf ou dix ans », sourit Kazim. C'est aussi une rencontre idéale pour asseoir une réputation naissante. W