David de Freitas: «Et pourtant, j'en ai fait, des "sales" clubs»

INTERVIEW Le milieu du FC Nantes revient sur la descente aux enfers de son club...

Propos recueillis par David Phelippeau

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Pas tendre avec le club, son capitaine ne veut pas entendre dire que cette formation est la plus mauvaise qu'ait connue Nantes.
Pas tendre avec le club, son capitaine ne veut pas entendre dire que cette formation est la plus mauvaise qu'ait connue Nantes. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Comment expliquez-vous cette descente aux enfers du FC Nantes (10e de L2)?

Même nous, on ne sait pas ce qu'il se passe. On est motivés. On a envie de jouer, mais on ne gagne pas. Je n'ai pas de solutions ni d'explications. C'est peut-être un problème mental...

Quel est votre discours en tant que capitaine?

Dans cette situation, il n'y a plus de discours. On en a fait tous les week-ends, et tous les week-ends c'est la même chose. Aujourd'hui, il faut la fermer et bosser. Il nous faut gagner des matchs. La manière, on s'en fout un peu. Après, ce que je peux dire à mes coéquipiers c'est « libérez vous, faites-vous plaisir ». Moi, je sais qu'il me reste trois mois ici [il est en fin de contrat en juin]. Je veux en profiter un maximum.

N'avez-vous pas le sentiment d'aller dans le mur?

Si on continue comme ça, on y va droit tout droit. Quand tu n'es pas capable de battre Istres à dix contre onze, c'est que tu n'as pas les moyens de faire autre chose que de jouer la 15e place. Quand t'es au FCN, tu dois gagner à Istres.

On commence à dire que vous seriez l'équipe la plus faible de l'histoire du club. Comment le prenez-vous?

Vous croyez que c'est agréable d'entendre que je suis le capitaine de l'équipe la plus nulle depuis 44 ans? C'est blessant. Putain, tu fais partie des « chèvres »! Mais on le mérite peut-être. On ne gagne pas un match, on n'arrive pas à battre des équipes qui jouent à dix, on ne marque pas un but et on en prend tout le temps. Mais moi, je suis persuadé que ce FCN n'est pas la plus mauvaise formation de l'histoire du club.

Avez-vous déjà vécu dans votre carrière des moments aussi durs?

Non, et pourtant, j'en ai fait, des "sales" clubs. Cela fait douze ans que je joue. J'ai joué la montée trois ans. Le reste, c'était pour se maintenir. Des situations pareilles, c'est vraiment compliqué.

Camara  vous a rejoint. Le connaissez-vous?

Non, pas plus que cela. Mais c'est surprenant. [Il ironise.] C'est vrai qu'on n'est pas encore assez en terme d'effectif... Après, si ça peut nous apporter quelque chose, tant mieux.

Parlez-vous de la situation avec votre ami Frédéric Da Rocha [le milieu de terrain parti à Boulogne l'été dernier] ?

Chut, il ne faut pas parler de lui ici... Il est triste pour Nantes. Quand il a su que j'étais capitaine, il m'a dit: «Tu vas me faire remonter mon équipe». Car c'est son équipe! Il sait que ça sera dur, car il connaît mieux le club que moi...