Mon joker s'appelle Maurice

FOOT A 23 ans, Jean-Eudes Maurice est l'attaquant que l'on n'attendait pas au PSG...

Alexandre Pedro

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 L'attaquant parisien, Jean-Eudes Maurice, le 5 décembre 2009.
 L'attaquant parisien, Jean-Eudes Maurice, le 5 décembre 2009. — O.Pon / REUTERS

A l’âge où certains espoirs désespèrent déjà, Jean-Eudes Maurice commence tout juste à se faire un nom en Ligue 1. Arrivé en catimini au Paris Saint-Germain il y a deux saisons en provenance de l’UJA Alfortville, Maurice accumule les minutes et l’expérience depuis le début de saison. Si les supporters parisiens ressassent encore son contrôle raté seul face à Mandanda lors de la défaite à Marseille (1-0), l’attaquant franco-haïtien bénéficie de la confiance de son entraîneur,  Antoine Kombouaré.

Du côté d’Alfortville, où Maurice a débuté en DSR (l’équivalent de la 7e division), son éclosion surprend à moitié.  «Je voyais bien qu’il avait un potentiel supérieur. Je pensais qu’il valait au moins la Ligue 2», remarque le président de l’UJA, Gilles Baudu. Décrit comme un garçon discret et mordu de ballon rond, Maurice a pris son temps avant d’exprimer tout son potentiel. Son ancien entraîneur à l’UJA avance un début d’explication. «Il fallait le convaincre de son potentiel, se souvient Aderito Moreira. Jean-Eudes voulait jouer comme milieu de terrain pour toucher plus de ballons. J’ai dû le convaincre de devenir attaquant. La suite m’a donné raison.» La suite, c’est deux montées en deux ans et une réputation flatteuse qui dépasse les limites du périphérique.

«Il lui manque encore ce sang-froid»


En 2007, l’enfant d’Alfortville débarque au PSG. L’attaquant se fait d’abord les dents en équipe réserve avant de goûter au groupe professionnel en fin de saison dernière. Bien aidé par les blessures récurrentes de Guillaume Hoarau et Mevlut Erding, Maurice aligne les entrées en jeu depuis le début de l’automne et séduit par sa vitesse de déplacement et sa facilité à se créer des occasions.

Reste encore à les concrétiser, comme à Boulogne-sur-Mer en Coupe de la Ligue puis en championnat. «Jean-Eudes est plus un deuxième attaquant qu’un tueur dans la surface, décrypte Gilles Baudu. Il lui manque encore ce sang-froid devant le but pour exploser.» Une explosion qui pourrait se faire loin du PSG? Aderito Moreira se pose la question. «A son âge, il faut enchaîner les matchs. Si on ne lui donne pas l’occasion d’aligner cinq ou six rencontres, on ne peut pas vraiment savoir ce qu’il a dans le ventre», prévient le technicien. Du temps, de la patience, voilà des denrées rares au PSG où un jeune passe très vite de la promesse au regret.