Lionel Messi: Que lui faut-il faire pour devenir Maradona?

FOOTBALL Le monde est à ses pieds à seulement 22 ans, mais...

Matthieu Payen

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L'attaquant argentin Lionel Messi, lors d'un match avec sa sélection contre l'Uruguay, le 11 octobre 2008.
L'attaquant argentin Lionel Messi, lors d'un match avec sa sélection contre l'Uruguay, le 11 octobre 2008. — M.Brindicci/REUTERS

Il a tout gagné avec le Barça, il a inscrit un but en finale de la Ligue des champions et désormais il est Ballon d’Or. A 22 ans, Lionel Messi marche sur l’eau. Pourtant, ses succès sportifs n’en font pas encore une star planétaire, à l’image de celui à qui il est souvent comparé, Diego Maradona.


Un homme, tu deviendras…



«Peter Pan», «La Puce», «Le Nain». Certes, Lionel Messi ne manque pas de surnoms, mais ceux-ci ne renvoient pas franchement l’image d’un guerrier. «Messi, c'est plutôt un joueur timide et effacé qui ne s'exprime qu'avec ses pieds», explique Gilles Dumas, le directeur général de Sportlab dans La Tribune.



Même s’il est l’un des footballeurs les plus «bankable» - 20,2 millions d’euros de contrats pub en 2009, selon Futebol Finance -,  «il n'est pas encore une icône. Publicitairement, il manque de gueule», poursuit le publicitaire. Personne ne l’a pas surpris dans les soirées décadentes de Barcelone comme son glorieux aîné. Pas plus de coup de folie comme le tacle assassin sur Batista en 1982.



A l’actif de Messi, seule une soirée un peu arrosée au soir du titre avec Barcelone.

 

 


Un club, tu mèneras vers la gloire



L’ancien international argentin Daniel Passarella n’est pas tendre avec le nouveau Ballon d’or. «Je ne crois pas que Messi possède la même dimension que Maradona, juge-t-il. Il suffit de se pencher sur leur parcours. Messi se met en évidence au sein d’une équipe impressionnante. Diego brillait à Naples, dans une équipe qui n’était pas vraiment du même niveau…»



Le constat est frappant. Cette année, Messi est accompagné de trois coéquipiers dans la liste des dix meilleurs joueurs au monde. A l’inverse, le SSC Napoli était un modeste club lorsque Maradona y mit les pieds. En sept ans, de 1984 à 1991, El Pibe de Oro remporte deux championnats d’Italie, une coupe d’Italie, une coupe de l’UEFA...

...et rend sa fierté à l’Italie du Sud.

 

 


Un Dieu pour ton pays tu deviendras



Messi est bien le premier Argentin à obtenir le Ballon d’or. Une fierté nationale? Pas vraiment. Avec 0,3 but seulement par match sous le maillot de l’Albiceleste, le prodige argentin est bien loin de ses performances en club (1,96 but par match). Un constat qui ne manque pas d’énerver certains de ses compatriotes. «Rien de nouveau: Messi a une nouvelle fois déçu sous la tunique albiceleste, tançait La Nacion au soir de la courte victoire des Argentin contre le Pérou en octobre. Léo n’a pas réussi une performance mémorable. Il a toujours une dette envers la sélection.» Une dette d’autant plus élevée que le fantôme de Maradona plane sur lui.

Messi a pourtant bien tenté de se rapporcher de l’icône du foot argentin.

 

 

Mais encore faut-il qu’il applique ce genre de méthode en équipe nationale pour entrer dans la légende. «J’échangerais tout ce que j’ai gagné avec Barcelone contre la Coupe du monde», jure-t-il. Le Mondial qui se profile lui donnera l’occasion de le prouver. A condition de faire mentir une vilaine statistique: jamais un lauréat du Ballon d’or n’a remporté la Coupe du monde dans la foulée.