à Lille, Gervinho marche sur l'eau

Antoine Maes

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Gervinho dribble Rudy Mater au Stadium de Villeneuve-d'Ascq, le 28 novembre dernier.
Gervinho dribble Rudy Mater au Stadium de Villeneuve-d'Ascq, le 28 novembre dernier. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

Dans les rangs valenciennois, samedi soir, est passé un immense courant d'air. C'est une tornade ivoirienne de 22 ans qui est venu inscrire le 2e but de la correction infligée par le Losc (4-0). Au Mont-Houy, en ce début de semaine, Siaka Tiéné, Bobo Baldé et Carlos Sanchez évoqueront peut-être le slalom géant de Gervinho. L'attaquant lillois a fait buzzer le Net après un but splendide, condensé des qualités qui font de lui le meilleur dribbleur de L1 en talent pur, à égalité avec le Parisien Stéphane Sessegnon.

L'ancien-Manceau s'est un peu fait attendre. Arrivé à la fin du mois de juillet au Domaine de Luchin, il a loupé une bonne partie de la préparation physique d'avant-saison. Et pourtant, l'attente était grande autour d'un joueur arraché 6,5 millions d'euros au MUC 72. « Quand tu rates la préparation, après, ça devient difficile. Même pour Didier Drogba, c'est pareil. Là, il l'a faite, et on voit à quel point c'est important », insiste Gervinho. Mais même en match, l'international ivoirien est un diesel : il n'a toujours pas marqué dans le premier quart d'heure. Conclusion : on a beau avoir le dribble dans le sang, le talent seul ne suffit pas. Et pourtant, ce talent-là est énorme. « A l'entraînement, il ne vient pas souvent vers moi. J'ai ma fierté ! Il sait que s'il me passe une fois, la fois d'après, il prend un tampon. Il est vif, ça part à droite, à gauche, décrit Adil Rami, le défenseur lillois. Et comme il va vite, s'il passe, tu es cuit. Parce qu'il n'est pas lourd et qu'au contact, tu risques de faire faute. »

Gervinho ne fait donc pas que marquer (5 en L1, 4 en Europa League). « Soit j'élimine pour faire une faute, soit pour déséquilibrer. Le plus important, c'est de finir par une frappe ou un centre », explique le joueur. Pourtant, il n'a offert qu'une seule passe décisive cette saison. C'est peu, et cela souligne l'impression qui se dégage du haut des tribunes : c'est un soliste qui pratique un sport collectif. Tactiquement, peut-être, mais sûrement pas dans l'état d'esprit. « Sans me fixer d'objectifs, je prends plaisir à jouer et à me donner à 100 % pour l'équipe. Si j'ai encore l'occasion de marquer, soyez sûrs que je ne m'en priverai pas », expliquait après le match l'ancien élève de l'Académie de Jean-Marc Guillou. W