Bordeaux l'Européen, trop fort pour la Ligue 1

Rémi Bostsarron

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Contre Nancy, Laurent Blanc a titularisé Fernando (à g.), comme en Coupe d'Europe.
Contre Nancy, Laurent Blanc a titularisé Fernando (à g.), comme en Coupe d'Europe. — POL EMILE / SIPA

Un monde d'écart. Il n'y a pas vraiment eu de match, dimanche,

entre des Nancéiens qui se débattent dans le bas du classement de la Ligue 1 et des Bordelais de retour au sommet (0-3). Face à la large et incontestable victoire des hommes de Laurent Blanc, on pourrait se contenter de remarquer que la logique sportive a été respectée. Pourtant, c'est bien la première fois qu'un tel décalage apparaît cette saison entre les Girondins et un adversaire de moindre calibre, en particulier à l'extérieur.

Pourquoi les Nancéiens n'ont-ils pas pu imiter Saint-Etienne ou Lille, autres équipes du bas de tableau, qui avaient su faire déjouer et chuter les Girondins durant l'automne ? La raison n'est pas à chercher du côté des Lorrains, mais plutôt de celui des Bordelais, qui ont enfin fait preuve en championnat d'autant de concentration et d'implication qu'en Ligue des champions. Parfaitement organisés et toujours justes techniquement, ils ont étouffé l'adversaire au point de le décourager, comme la Juventus de Turin quatre jours plus tôt (2-0).

« On a été très bons dans le coeur du jeu et dans l'utilisation du ballon, confirme Laurent Blanc. On a été très solides défensivement. » De quoi provoquer, peut-être, une petite révolution tactique chez l'entraîneur bordelais, qui avait exceptionnellement aligné le même schéma qu'en Coupe d'Europe. Les Girondins disposaient d'un milieu de terrain renforcé dans lequel le revenant Fernando se rend indispensable. Buteur, comme contre les Turinois, et précieux dans la récupération et l'animation, il a contribué à faire oublier l'absence de Gourcuff, de retour cette semaine. Le traditionnel 4-4-2 des joutes domestiques, dans lequel le Brésilien n'a pas sa place, pourrait donc être remis en cause.

Mais s'ils s'inspirent de ce qu'ils ont réalisé en Coupe d'Europe, c'est aussi en l'oubliant que les Bordelais comptent asseoir leur suprématie nationale. Déjà qualifiés pour les 8es de finale, ils vont pouvoir consacrer à la Ligue 1 toute l'énergie qu'ils réservaient plus ou moins volontairement à la Ligue des champions. Laurent Blanc se félicite d'ailleurs que ses joueurs aient « pris conscience qu'il fallait laisser [cette compétition] de côté jusqu'à fin février et se concentrer sur l'objectif de pouvoir la jouer l'année prochaine. W