XV de France: les chantiers à venir

RUGBY La défaite face aux Blacks digérée, il va falloir se relancer...

M. Go.

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 Carter raffûte  Szarzewski, le 28 novembre 2009 au Stade Vélodrome de Marseille. 
 Carter raffûte Szarzewski, le 28 novembre 2009 au Stade Vélodrome de Marseille.  — Reuters
Après avoir pansé les plaies infligées par les All Blacks (12-29), le XV de France va devoir se relancer. Car le Tournoi des VI Nations (jamais gagné sous l'ère Liévremont) commence le 7 février en Ecosse. Voici les trois chantiers qui attendent les Bleus cet hiver.
       
       
Positiver la défaite et conserver l'état d'esprit

      
Avec deux victoires (dont une sur les champions du monde sud-africains), le bilan de la tournée d'automne n'est pas mauvais. Mais les Bleus se séparent sur une déculottée infligée par les All Blacks qui pourrait plomber l'ambiance. Du coup, depuis samedi soir, les Bleus positivent. «On n'a pas le sentiment qui nous animait au lendemain d'Angleterre-France (défaite humiliante 10-34 à Twickenham en mars, ndlr). J'ai envie de parler de fierté car pour qu'il y ait un beau match de rugby, il faut être deux», a assuré l'entraîneur français, Marc Lièvremont. Mêmes échos du côté des joueurs qui se félicitent de l'esprit guerrier du groupe, notamment lors du match contre les Springboks. «Il y a quand même du positif sur cette tournée, il faut essayer de travailler là-dessus, il y a de la qualité dans ce groupe, il faut regarder devant. La défaite de samedi est un bon coup de pied au cul, on va dire», a ainsi expliqué Julien Bonnaire.
       
       
Le chantier de l'animation offensive

S'il y a un bien un secteur de jeu dans lequel le XV de France a du travail, c'est celui de l'animation offensive. Si Dupuy s'en est bien sorti sur les pénalités (3/5 samedi soir dans le vent), la France ne sait plus occuper le terrain grâce à son jeu au pied. Et la question du demi d'ouverture idéal des Bleus reste posée. Face aux Blacks de Dan Carter, l'ouvreur François Trinh-Duc n'a tout simplement pas existé. Dans son sillage, toute l'animation offensive reste en chantier. «Mais je crois que les joueurs ont eu raison de tenter même s'ils ont été punis par des essais sur des ballons de récupération. Je crois qu'il faut encourager les joueurs à aller dans ce sens-là», a expliqué Marc Lièvremont obligé de jongler avec les blessures qui ont pénalisé le groupe lors de cette tournée d'automne.
       
     
Jongler avec les calendriers pour préparer les grandes échéances

      
Test-matchs, Coupe d'Europe, journée de Top 14 (dont certaines en doublon avec les rencontres internationales), les joueurs du XV doivent jongler avec un calendrier impossible. Marc Lièvremont n'a pas voulu remuer le couteau dans la plaie. «On ne s'en est pas plaint pendant quinze jours après nos victoires, on ne va pas remettre ça sur la table», a-t-il glissé avec élégance avant de pointer le calendrier démoniaque qui attend les Bleus. «Certains vont jouer dans trois jours, on sort de trois matches éprouvants, il y aura deux journées de Coupe d'Europe. Certains vont jouer la veille de Noël, la veille du premier de l'an... Il ne faut pas trop leur demander», a glissé le sélectionneur avant de lâcher : «C'est toujours pareil. C'est compliqué pour tout le monde...» Un chantier qui concerne l'ensemble du rugby français.