Ils n'ont pas oublié Dan Carter

RUGBY L'ouvreur des Blacks a marqué ses anciens coéquipiers lors de son passage à Perpignan, la saison dernière...

Romain Scotto

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L'ouvreur de la Nouvelle-Zélande, Dan Carter lors d'un entraînement le 19 novembre 2009 à Twickenham.
L'ouvreur de la Nouvelle-Zélande, Dan Carter lors d'un entraînement le 19 novembre 2009 à Twickenham. — E.Keogh/REUTERS
Il a soulevé le Bouclier comme tout le monde, en juin dernier. Malgré sa blessure au tendon d’Achille, Dan Carter a quitté l’Usap sur une troisième mi-temps bien arrosée. A Perpignan, sa pige dorée n’a duré que six mois (dont quatre à l’infirmerie), mais l’ouvreur des All Blacks, de retour en France pour défier les Bleus à Marseille, n’a pas eu besoin de rab pour marquer ses anciens coéquipiers. Lorsqu’ils évoquent son passage à l’Usap, tous parlent en chœur d’un talent hors pair, d’un coéquipier exemplaire et d’un joueur pas vraiment bouleversé par son statut de star.

Un joueur sans points faibles. On n’est rarement pas estampillé meilleur joueur du monde par hasard. Dès son arrivée en Catalogne, Carter a confirmé sa réputation de joueur au talent rare. «Il voit tout avant tout le monde, analyse David Marty, qui le croisera sur la pelouse samedi soir. La moindre erreur de l'adversaire, il va jouer dedans.» Hors du terrain, Carter est présenté comme un travailleur appliqué. Que ce soit dans la salle de muscu ou avec ses coachs, pour intégrer quelques mots de français. «Il était là à apprendre tous les noms des combinaisons, se souvient Olivier Olibeau. Du coup, il a très vite maîtrisé les schémas tactiques.» Du côté des champions de France, on se souvient aussi d’un buteur hors pair, au front dès son premier entraînement, au début de l'hiver. «Toute l’équipe l’a regardé pendant une demi-heure, embraye Olibeau. Il faisait froid. D’habitude, on rentre vite au chaud, mais là, on est restés. On était sur le cul parce que toutes les pénalités passaient.»

Un catalyseur à l’entraînement.
«Au quotidien, il créait une émulation, se remémore Damien Chouly, le compagnon de tablée. On avait envie de prouver qu’on méritait de jouer avec lui. Tout le monde voulait être à la hauteur. On avait même un peu peur de faire des conneries.» Même souvenir pour Olibeau, marqué par ces séances où la seule présence de Carter «démultipliait la concentration et l’enthousiasme» de chacun. Même s’il n’a joué qu’un mois sous les couleurs de l’Usap, avant de se blesser, Carter n’est pas totalement étranger à la fin de saison en trombe de ses coéquipiers. «Il était toujours là, se souvient Chouly. Il poussait derrière, on le sentait. Il était vraiment à fond. Comme nous, il voulait vraiment ce titre.» Il l’a aussi très bien fêté…

Une star qui garde les pieds sur terre.
Personne ne s’est passé le mot, mais à chaque fois, les avis convergent. Dan Carter est un homme simple, qui malgré son statut de star, n’est pas du genre à tirer la couverture à lui. Chouly: «On l’a vite démystifié. Au club, c’était un joueur lambda, comme les autres. Du coup, son intégration a été très rapide.» En s’installant à Perpignan, Carter a tout fait pour se fondre dans le décor, laissant son costume de star All Black au placard. «Il voulait vivre à la française» remarque Olibeau, qui regrette le départ d’un garçon vraiment «attachant». «Il y avait un vrai décalage entre le phénomène sportif et l’homme. C’était frappant. Ici, on en a croisé certains qui ne lui arrivaient pas à la cheville et qui pourtant, avaient les chevilles beaucoup plus larges que lui.» Le Néo-Zélandais, sollicité en permanence, a toujours fait preuve d’une étonnante disponibilité. «Aujourd’hui encore, on est en contact affirme Chouly. On s’envoie des messages, des mails, c’est toujours sympa. On se souhaite bonne chance régulièrement. Sauf ce week-end, faut pas pousser.»