Chabal, l'homme qui broie du Noir

VIDEORAMA Face aux Blacks, le deuxième ligne du XV de France a bâti sa légende...

R.S.

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Le rugbyman du XV de France, Sébastien Chabal, lors d'un match contre l'Argentine, le 7 septembre 2007 à Paris.
Le rugbyman du XV de France, Sébastien Chabal, lors d'un match contre l'Argentine, le 7 septembre 2007 à Paris. — SIPA

Marc Lièvremont n’a pas souhaité commenter sa sélection, mardi matin. Pour lui, le choix des hommes appelés à défier les Blacks, samedi à Marseille, ne se discute pas. Certains noms comme celui de Sébastien Chabal s’imposent naturellement dans le XV de départ quand se profile la menace black. En Nouvelle –Zélande, on se souvient encore des plaquages destructeurs de «Caveman». Un joueur qui a construit sa réputation il y a deux ans, lors d’une tournée d’été face à ces mêmes Néo-Zélandais. Chabal et les All Black, c’est une histoire jalonnée de défis, de provocations pendant les hakas et de tampons magistraux.

Rugissement pendant le haka

Juin 2007, tournée d’été en Nouvelle Zélande. Tout commence par un petit crachat. Puis Chabal laisse les Blacks s’approcher. Il rugit et dodeline comme pour se chauffer les cervicales. Ses crampons ratissent le gazon sur place. Il vit le balai de ses adversaires intérieurement, sourit même de temps en temps. Dans ces moments là, Chabal savoure déjà les tampons qu’il va coller à ceux qui voudraient lui passer sur le ventre…



Cathédrale sur Masoe

Un tampon monumental en juin 2007. Le Français, pas vraiment entré dans son test match se venge sur le pauvre numéro 8 néo-zélandais, incapable de se relever sous la violence du choc. Pour info, Chris Masoe mesure quand même 1,86m et pèse 106 kg. Le plaquage est réglementaire, parfaitement ajusté au niveau de l’abdomen. Comme si l’impact n’était pas assez violent, le chevelu des Bleus se frotte dans la continuité de l’action au visage de sa proie. Le double effet Chabal.



Williams la bouche en sang

Le deuxième tampon destructeur de Chabal lors de cette fameuse tournée en terre néo-zélandaise. Caveman récupère un ballon botté par un adversaire dans son camp, et déboule au milieu des Blacks tel un chien dans un jeu de quilles. L’épaule en avant, il éjecte Ali Williams de son chemin d’un strike dévastateur. Bilan, une bouche en sang et une mâchoire fracturée. Le geste n’est pas très réglementaire, mais il n’est pas sanctionné par l’arbitre. La presse néo-zélandaise découvre «Caveman», «l’Anesthésiste», «The French Beast»… Depuis, lorsqu’ils affrontent le XV de France, les Blacks n’oublient jamais leur dentier.



Kelleher dans les yeux

Il fallait bien plus qu’un simple haka pour impressionner les Bleus sur la pelouse du Millenium, en quart de finale de la Coupe du monde 2007. Particulièrement effrontés, Chabal et sa bande se rapprochent lentement des Blacks pendant leur danse. Pas à pas. Pour se poster à moins d’un mettre de leurs adversaires. A cet instant, certains ont pu sentir le souffle du deuxième ligne des Bleus, focalisé sur Byron Kelleher. Dans son regard, on ne lit pas beaucoup de tendresse.



Redouté jusque dans les pubs

Chez les Kiwis, tout le monde connaît désormais Chabal qui en profite pour tourner quelques spots publicitaires pour Rebel Sport, la plus grande chaîne de vêtement sportswear du pays. Même s’il ne porte pas le maillot du XV de France sur le dos, le personnage est redouté. Quand il entre dans un magasin de sport en hurlant, les vendeuses s’exécutent immédiatement. La peur de se faire briser la mâchoire, sûrement.