Raymond Domenech attaque à tout va

FOOTBALL Lizarazu, Bachelot, Alain Finkielkraut…..

M. Go.

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Le sélectionneur des Bleus, Raymond Domenech, le 9 septembre 2009 en Serbie.
Le sélectionneur des Bleus, Raymond Domenech, le 9 septembre 2009 en Serbie. — M.Djurica/REUTERS

Après la contre-attaque, le dézingage. Au lendemain de son interview sur France Bleue, Raymond Domenech est passé en mode offensif. Lors d’une interview accordée à L’Express, le sélectionneur répond aux critiques. Virilement. «C'est bien gentil, les leçons de Bixente Lizarazu... Il est sympa, il a gagné quelque chose et j'en suis heureux pour lui. Mais il ne doit pas oublier que lui aussi a vécu des moments difficiles, en 2002 par exemple, balance Ray qui n’a visiblement pas aimé l’avis tranché du Basque au soir de la qualification. De toute façon, il ne pose pas de questions, il se contente de donner des avis. Les anciens joueurs qui se comportent comme des entraîneurs alors qu'ils n'ont jamais dirigé une équipe me laissent indifférent.»

Meme cause, même effet pour Eric Cantona.  «L'ancien joueur avait estimé que Raymond Domenech était le pire sélectionneur depuis Louis XVI.  «Je mets Cantona dans le même lot que les autres. Il est entraîneur de beach-soccer et n'a pas réussi à qualifier son équipe pour la Coupe du monde. Qu'il fasse preuve de décence !» Bim...

Domenech félicite Sarkozy

Mais il n’y a pas que les anciens joueurs et consultants qui dégustent. Les politiques qui se sont tous exprimés sur la main de Henry en prennent pour leur grade. «Mme Bachelot me demande de me "mobiliser". Moi, je ne m'occupe pas de gérer un ministère, je ne m'occupe pas de la santé. Si c'est tout ce qui inquiète Mme Bachelot en France, qu'elle se rassure: je suis mobilisé», lance Dom qui a bien entendu les critiques de la ministre de la Santé («Raymond, il faut vraiment que tu te mobilises, et que tes gars se mobilisent parce que, nous, les Français, on est quand même beaucoup inquiets et déçus», avait lancé Roselyne Bachelot sur RTL)

Idem pour les intellectuels. «Quant à Alain Finkielkraut, c'est bien ce philosophe persuadé qu'il y a trop de noirs dans l'équipe de France, n'est-ce pas? Allons...», estime le sélectionneur qui a en revanche apprécié la retenue de Nicolas Sarkozy. «Le seul à avoir adopté une attitude honorable, c'est le Président. Il a dit: "Laissez-moi à ma place", et il a eu raison. Que chacun reste à sa place.»

Le sélectionneur des Bleus affirme également qu’il n’a «jamais envisagé» de démissionner de son poste et qu'il ne le fera jamais malgré le flot de critiques essuyées depuis quelques jours. «J'ai une âme de missionnaire, déclare Domenech. Evidemment, il m'est arrivé d'être fatigué. Et puis je dors et, le lendemain, c'est reparti. Jamais je n'ai démissionné, jamais je ne démissionnerai. Plus la pression est forte, plus je suis motivé. L'adversité est mon élément. Quand règne le calme plat, je m'ennuie, je m'inquiète, même.» Il n'a jamais dû se sentir aussi bien que ces derniers jours.