Revivez Algérie - Egypte en live comme-à-la-maison

M. Go. (Matthieu Payen pour le live)

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Les footballeurs algériens Nadir Belhadj (à gauche) et Karim Matmour, le 7 juin 2009 à Blida.
Les footballeurs algériens Nadir Belhadj (à gauche) et Karim Matmour, le 7 juin 2009 à Blida. — REUTERS

L'avant match

Le Soudan, qui accueille le match d'appui décisif mercredi à 18h30 entre l’Algérie et l’Egypte est en état de siège. 15.000 policiers sont mobilisés pour prévenir tout affrontement entre les supporters des deux équipes qui se déchirent depuis le déplacement houleux des Fennecs au Caire le week-end dernier (victoire 2-0 des locaux qui arrachent dans le temps additionnel le droit de disputer ce match d'appui). «Nous attendons 48 avions d'Algérie et 18 d'Egypte», explique Abdel Rahman al-Khidr, gouverneur de l'Etat de Khartoum. 2.000 supporters des Pharaons devraient aussi faire le trajet en autocar afin de rejoindre les milliers d'Egyptiens qui travaillent au Soudan. Dans ce pays frontalier et ami de l'Egypte (choisi par tirage au sort face à la Tunisie, le choix de l'Algérie), la rue risque d'être en faveur des Egyptiens.

 
>>Suivez le match Algérie-Egypte en live comme-à-la-maison sur 20minutes.fr mercredi à partir de 18h30
 

Depuis quelques jours, les hôtels de la capitale sont complets. Il faut dire que les deux pays ont tout fait pour mobiliser leur supporter en faisant vibrer la corde patriotique. La présidence algérienne a par exemple pris en charge les visas et certains tickets d'entrée au stade. Les billets d'avion pour le Soudan ont même été bradés quatre fois moins chers, provoquant une ruée vers l'aéroport d'Alger, «dans une ambiance de vengeance», selon un journaliste français joint par 20minutes.fr. «C’est la première fois que j’assiste à une telle mobilisation autour de l’équipe nationale d’Algérie», explique l’ancien sélectionneur des Fennecs, Abdel  Djaadaoui, actuellement recruteur pour le FC Sochaux.


Le Soudan se prépare


Comment le Soudan, qui n'a plus reçu de matchs au sommet depuis la Coupe d'Afrique des Nations de 1970, va-t-il gérer cette soirée? Dans un premier temps, la capacité de l'antique stade Merreikh Stadium (à Omdurman, ville jumelle de Khartoum, sur la rive occidentale du Nil) a été ramenée de 41.000 à 35.000 places (9.000 pour chaque délégation). Par ailleurs, les autorités ont  placé des barrages filtrants à plusieurs kilomètres du stade et mis à la disposition des fans deux sites pour dormir, un pour chaque camp. Elles veulent séparer le plus possible les supporters afin d'éviter une nouvelle série de violences à l'image de celles qui ont émaillé l'Egypte, l'Algérie et la France ces derniers jours.
 

 

En arrivant au Caire, l’équipe algérienne s’était fait caillasser:

 

 

 
Cet incident avait mis le feu aux poudres. Après le match, de nombreux Algériens auraient été blessés et certaines informations difficiles à vérifier faisaient état de morts. Des faits démenties par les autorités algériennes lundi soir.
 

Sans que l'on sache exactement ce qui s'est passé samedi soir, le climat n'a fait que se détériorer depuis le week-end dernier. Des supporters algériens ont saccagé lundi une agence d'Egypt Air à Alger, ainsi qu'une boutique d'Orascom Telecom Algérie avant de se ruer pour acheter des tickets pour le match de mercredi soir.
 

Ces tensions entre les deux équipes sont alimentées par la presse des deux pays. Lundi, des journaux algériens avaient relayé les rumeurs sur la mort de supporters des Fennecs au Caire. Du coup, ce mardi, la presse égyptienne accuse les journaux algériens de «battre les tambours de la guerre», selon l’expression du quotidien Nahedt Masr. Le journal Al-Wafd déplore lui aussi que «la presse [algérienne] publie des informations mensongères sur des meurtres d'Algériens et des agressions sexuelles contre des Algériennes au Caire».

Un match historique


Autant dire qu'entre les deux plus gros pays de foot de l'Afrique du Nord, le match dépasse les simples intérêts sportifs. Surtout pour l'Algérie qui n'a plus disputé une Coupe du monde depuis 1986 et le Mondial mexicain. «Cette qualification est très importante pour le foot algérien. Avec les événéments des années 90, nous avons pris beaucoup de retard au niveau international», conclut Abdel  Djaadaoui.