« Je me demande qui sera le prochain mort »

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Vous êtes devenu paraplégique après une chute en 1992. La mort de Tim Potisek a dû vous marquer ?

Oui, j'ai fait un bond en arrière de dix-huit ans. Je me dis que j'ai eu de la chance dans mon malheur.

Que faut-il faire pour éviter ce genre d'accident ?

Les constructeurs doivent avoir une réflexion sur la puissance des motos. Depuis l'arrivée du moteur quatre temps, les accidents sont de plus en plus graves. A mon époque, il n'y avait pas de morts à moto. Maintenant, je me demande qui va être le prochain sur la liste. Et la Fédération doit arrêter de mettre ça sur le compte de la fatalité. Il faut imposer les protections pour les cervicales. Seuls le casque, les lunettes et les gants sont obligatoires en compétition. La protection dorsale ne l'est pas toujours.

Les pilotes sont-ils conscients du danger ?

Quand tu montes sur une moto, tu débranches un peu le cerveau. C'est un sport trop individuel dans lequel il n'y a pas de syndicat des pilotes. Il faut donc réfléchir pour eux et tout faire pour augmenter la sécurité sur les circuits. Avec d'anciens pilotes remontés comme moi, on pense créer une association pour faire bouger les choses. W

recueilli par F. L.