Monfils a presque renversé la montagne Djokovic

TENNIS Au terme d'une finale haletante, le Serbe remporte le Masters de Paris-Bercy (6-2, 5-7, 7-6)...

Alexandre Pedro

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Gael Monfils à Bercy, le 15 novembre 2009.
Gael Monfils à Bercy, le 15 novembre 2009. — HORACIO VILLALOBOS/EPA/SIPA
De notre envoyé spécial à Bercy

«En finale, même si je suis rôti, je vais donner ma vie». Il n'a pas menti. Face à Novak Djokovic, Gael Monfils a donné sa vie, et même plus encore, pour sa première finale dans un tournoi des Masters Series. Malheureusement pour lui, l'histoire s'est terminée en queue de poisson sur une vilaine double faute dans le tie-break du dernier set. Pourtant, personne n'aura l'impolitesse de lui en tenir rigueur tant le Français a poussé le numéro trois mondial dans ses ultimes retranchements. A chaud, Monfils regrettait son entame du jeu décisif. «J'aborde mal ce tie-break, j'ai joué de façon trop défensive et il en a profité», souffle-t-il au micro de Canal+. Pas de quoi gâcher le bilan de sa semaine. Arrivé «cramé» de son propre aveu à Paris, Monfils a encore prouvé qu'il ne fallait jamais le donner pour mort, surtout devant son public.

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Pendant presque un set et demi, le POPB a pourtant bien cru son protégé en panne d'essence. A deux pas de la gare d'Austerlitz, le début de rencontre du Parisien vire au Waterloo. Monfils cherche le bras de fer, mais tombe sur plus costaud que lui. Djokovic a réponse à tout, voit tout avant son adversaire et plie la première manche 6-2. Bercy a beau applaudir le moindre point de La Monf' avec la ferveur qui accompagne une frappe déviée de Nicolas Anelka un soir de barrage, le Serbe continue son irrésistible marche en avant et prend le service du Français en début de set pour mener 3-0.

Plus lucide

Monfils est-t-il au fond du seau? Grossière erreur. Comme souvent avec lui, l'élève de Roger Rasheed marche à l'adrénaline, à la réaction. Il lui suffit de deux points arrachés sur le service de Djokovic pour relancer cette finale. Monfils en transe refait son retard et arrache le deuxième set (7-5). La troisième manche est encore du Monfils tout craché. Breaké d'entrée, le Français renverse la vapeur. Djokovic ne sait plus comment terminer un point face ce mur humain.

Malgré la fatigue qui plomble les jambes des deux finalistes, la qualité de jeu s'élève encore d'un cran. Arrivé à l'instant du tie-break crucial, le POPB est prêt à exploser. La suite, on la connaît. Plus lucide, Djokovic fait parler toute son expérience du haut de ses 22 ans dans le jeu décisif. En fin communiquant, le Serbe va même parvenir à se mettre tout Bercy dans la poche avec un discours de remerciement en français. Ce garçon ira loin. Mais qui pouvait en douter.