Henri Sérandour est décédé

TOUS SPORT L'ancien président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) est mort des suites d'une longue maladie...

Matthieu Payen avec M. Go.

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La procureure de la République, Christine Forey, a requis vendredi une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis et 35.000 euros d'amende à l'encontre du président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Henri Sérandour, poursuivi pour prise illégale d'intérêt.
La procureure de la République, Christine Forey, a requis vendredi une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis et 35.000 euros d'amende à l'encontre du président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Henri Sérandour, poursuivi pour prise illégale d'intérêt. — Eric Feferberg AFP

  Henri Sérandour, ancien président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), est décédé jeudi à Dinard (Ille-et-Vilaine) des suites d'une longue maladie. Il avait 72 ans.

Amoindri physiquement, Henri Sérandour avait cédé il y a six mois sa place à la tête du CNOSF avec un regret: celui de n’avoir pas réussi à imposer une ville olympique française. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayer. Deux fois, pour les Jeux de 2008 et ceux de 2012. Surtout ceux de 2012. Le souvenir de l’échec de Singapour en 2005, lorsque Jacques Rogge, le président du CIO, annonça que Londres organiserait les JO, le hantait encore. La faute à pas de chance?

Une personnalité en retrait

«Henri était un excellent gestionnaire, il faisait en sorte que la boutique tourne, commente Armand de Rendinger, qui fut consultant lors de multiples campagnes de candidatures olympiques. Le problème était qu’il manquait de charisme, notamment sur la scène internationale. Il n’avait pas su imposer le Comité olympique comme l’acteur clé du sport en France. En 2005, par exemple, c’est Delanoë qui portait la candidature de Paris, pas lui.» Sérandour, ancien champion de water-polo, ne parlait pas l’anglais, n’était pas bon orateur et n’était pas amateur de polémique. Ainsi, lorsque quelques athlètes français avaient proposé de porter un badge "Pour un monde meilleur" au Jeux de Pékin, il alla consulter le CIO avant de prendre position contre toute forme d’opposition.

Ce caractère en retrait ne l’empêcha pas d’être réélu tous les quatre ans depuis 1993 à la tête de l’olympisme français. Une ascension à pas mesuré par le biais de la Fédération française de natation. «Il était d'abord un militant et un bâtisseur. Mais il était surtout un fédérateur, a souligné Denis Masseglia, qui lui a succédé à la tête du CNOSF. Il donnait confiance et faisait confiance

Membre du Comité International Olympique, il avait dû quitter les instances olympiques internationales en 2007, la limite d'âge le contraignant à quitter ce mandat.