A Bercy, les éclopés et les démotivés jouent tant bien que mal

TENNIS Comme chaque mois de novembre, les joueurs arrivent sur les rotules au Masters de Paris-Bercy...

Alexandre Pedro à Bercy

— 

Gaël Monfils à terre lors de son match face à Rafael Nadal, à Rotterdam, le 14 février 2009.
Gaël Monfils à terre lors de son match face à Rafael Nadal, à Rotterdam, le 14 février 2009. — REUTERS/M. Kooren
De notre envoyé spécial

C’est le lot de toute fin de saison. Il y a ceux qui ne peuvent et ne veulent plus voir une balle jaune et ceux qui ne sentent plus leurs jambes. Dernier tournoi de la saison (sauf pour les huit qualifiés pour les Masters de Londres à la fin du mois), Bercy prend souvent des allures de bal des éclopés et de rendez-vous des démoralisés. De Wawrinka à Haas en passant par Kolhschreiber, certains n’ont pas vécu leur sortie précoce comme un drame. Quoi de plus humain après onze mois à arpenter les court et les aéroports des cinq continents.

En bon stakhanoviste, Gilles Simon appartient plutôt à la première catégorie. S’il pense aux vacances, c’est surtout pour soigner cette maudite blessure au genou droit, compagne de ses six derniers mois et qui a plombé ses chances contre son ami, Jo-Wilfried Tsonga. «Déjà que c’est compliqué de battre un membre du Top 20 à 100%, alors diminué, ça devient mission impossible», fulmine le n°2 français après ce huitième de finale biaisé (6-2, 6-3). Simon ne cherche pourtant pas à se cacher derrière son genou bandé: «La blessure fait partie de la saison d’un joueur, et ça fait parti du boulot que de savoir l’éviter.»

«Si c’était à Shanghai…»

Comme souvent avec lui, le cas de Gaël Monfils est plus complexe. Dépité par son manque d’énergie mercredi après sa victoire sur David Guez, le Parisien a affiché une mine plus radieuse après avoir mis fin au beau parcours de son compatriote, Julien Benneteau (6-4, 6-3). «C’est tout moi. Aujourd’hui je me suis levé du bon pied et prêt à me battre», lâche celui qui se présentait comme «au fond du trou physiquement», la veille.

La motivation pour donner le dernier coup de collier avant un peu repos bien mérité, Monfils la puise dans la présence de ses proches. «Onze mois sur le circuit ça pèse, je suis motivé mais je manque de jus. Heureusement, il y a le public et surtout ma famille. Si ce tournoi n’était pas à Paris mais à Shanghai, ça serait autre chose», avoue le Français promis au Croate Marin Cilic en quart de finale. Et même si la qualité de son jeu le laisse encore sur sa faim, Monfils peut méditer sur cette maxime prononcée cette semaine par Rafael Nadal: «J’ai  appris à mal jouer et à gagner.» Parole de forçat des courts.