Irlande - France: Les pièges à éviter

FOOTBALL A Dublin, les Bleus connaissent déjà les écueils sur lesquels ils pourraient s'échouer...

Romain Scotto

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L'attaquant de l'équipe de france Thierry Henry (en bleu), lors du match Irlande - France du 7 septembre 2005. 
L'attaquant de l'équipe de france Thierry Henry (en bleu), lors du match Irlande - France du 7 septembre 2005.  — E.Keogh/REUTERS

Entre deux entraînements à Clairefontaine, l'usage de la zapette est fortement conseillé. Dans leur chambre, sur deux canaux télévisés, les joueurs regardent en boucle les images des derniers matchs de leurs adversaires. «On observe les positionnements sur les coups francs, les corners, la façon de se déplacer, de jouer sans ballon», explique Eric Abidal. En résumé, tout ce qu'il faut voir et savoir pour éviter une mauvaise surprise, samedi soir à Dublin. Avant même de s'envoler pour l'Irlande, les Bleus connaissent au moins les pièges dans lesquels il pourraient tomber.

Répondre au duel physique par le jeu. Giovanni Trappatoni a prévenu les Bleus. Ils affronteront à Croke Park une bande de «guerriers». Des joueurs peu connus qui puisent leur force collective de leur «fighting spirit». Les Bleus sont prêts à répondre au combat physique proposé par la bande de Robbie Keane. Mais pas forcément en mettant le pied ou en jouant des coudes. «Il ne faut pas rester focalisé sur l'engagement et le combat, confesse Yoann Gourcuff. Avec la qualité qu'on a, il faut jouer un maximum, essayer de redoubler les passes, les faire courir, trouver une brèche pour les déséquilibrer.» L'idée de produire du jeu pour faire déjouer les Irlandais séduit aussi Bacary Sagna. Mais selon le latéral droit d'Arsenal, rompu aux joutes musclées de Premier League, les Bleus n'auront pas de mal à répondre au défi physique: «Maintenant, tout le monde joue comme cela. Ce n'est pas ça qui fera basculer le match. Mais bien notre jeu. Si on s'engage autant qu'eux, il n'y a pas de souci.»

Ne pas céder à la provocation.
Le match n'a pas débuté que certains joueurs du Trèfle lancent déjà les hostilités. Pour Richard Dunne, le rugueux milieu de terrain irlandais, le premier atout de son équipe se nomme Raymond Domenech, incapable selon lui d'établir une équipe type et une tactique gagnante depuis cinq ans. L'attaque verbale aurait pu faire réagir. Elle n'a pas fait ciller un joueur, jeudi à Clairefontaine. «C'est dit pour faire mousser, faire parler, peut-être mettre la pression», évoque Sidney Govou. Sur le terrain, Eric Abidal s'attend aussi à subir quelques provocations. «Ça va demander beaucoup de concentration, de maîtrise, de ne pas péter un câble qui handicaperait l'équipe.» Faut-il alors parler d'agressivité ou de provocation? Celui qui devrait jouer en charnière centrale au côté de Gallas opte pour la deuxième proposition: «On essaie de titiller les chevilles. Mais ça fait partie du football.» En tout cas celui qui sera proposé aux Bleus à Dublin.

Rester vigilant sur les coups de pieds arrêtés. Depuis un certain Autriche - France de septembre 2008, les lacunes des Bleus sur les phases arrêtées sont régulièrement évoquées. Cela tombe mal, c'est l'un des points forts des grands gabarits irlandais. Pour prendre les ballons dans les airs, pas question d'aller chercher un «escabeau» comme l'avait évoqué avec humour, le sélectionneur il y a un an. «Il faudra déjà éviter les fautes et les corners: moins ils en auront à tirer, mieux ce sera pour nous», préconise Julien Escudé. Avant le match, tout est planifié. «Toi, t'es au marquage d'untel etc. C'est du un contre un, il faut se dire que l'adversaire ne touchera pas le ballon.» Même si sous la toise, les Bleus accusent un léger déficit de taille.

Se méfier de Gérald Dahan.
Du dernier match face l'Irlande, il y a un peu plus de quatre ans, Raymond Domenech ne conserve pas que les images de liesse collective, après le but salvateur de Thierry Henry. Pendant l'hymne national, ses joueurs chantaient sagement la Marseillaise, la main sur le coeur. Persuadés de répondre à la demande téléphonique de Jacques Chirac, les Bleus tombaient dans un piège tendu par... Gérald Dahan. D'après l'imitateur, cité dans Le Parisien, Domenech aurait très peu goûté à la plaisanterie (à la différence des joueurs), et lui en tiendrait encore rigueur aujourd'hui. Une raison de plus de s'envoler méfiant en Irlande. Surtout si les gars d'Action Discrète font  aussi le déplacement.