Yoann Gourcuff: «Je n'imagine pas un Mondial sans la France»

INTERVIEW Le meneur de jeu des Bleus, de retour en sélection après sa blessure, n'envisage même pas l'hypothèse...

Propos recueillis par Romain Scotto

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 France's Yoann Gourcuff (L) challenges Argentina's Fernando Gago during their international friendly soccer match at the Velodrome stadium in Marseille February 11, 2009. REUTERS/Philippe Laurenson  (FRANCE)
 France's Yoann Gourcuff (L) challenges Argentina's Fernando Gago during their international friendly soccer match at the Velodrome stadium in Marseille February 11, 2009. REUTERS/Philippe Laurenson  (FRANCE) — REUTERS/Philippe Laurenson

Les douleurs aux ischios-jambiers sont loin derrière lui. Les matchs de qualification aussi. Yoann Gourcuff est de retour avec les Bleu ce qui devrait pousser Raymond Domenech à ranger à Dublin son éphémère 4-4-2 pour ressortir son 4-2-3-1. Un système de jeu sur mesure pour les qualités du Bordelais, qui n'en fait pourtant pas grand cas. Yoann Gourcuff, comme ses coéquipiers, n'est pas du genre à se poser ce genre de questions. Surtout à moins de trois jours d'un déplacement capital pour l'avenir de la maison bleue.

Avant ces deux matchs couperets, sentez-vous une ambiance différente de celles rassemblements précédents?
C'est un peu différent. On sent qu'il ya a du monde qui parle de l'équipe de France. Ce n'est pas la même chose que les fois précédentes, mais on est tous très excité de retrouver le groupe. Ce match à Dublin, on l'imagine dans une grosse ambiance, avec un adversaire qui va jouer avec ses qualités. Le football britannique est connu pour son engagement. Nous, on va essayer de jouer notre football.

Et les messages du sélectionneur? Sont-ils différents par rapport autres rassemblements?

Non, justement avant la première séance d'entraînement, il a dit qu'il comptait parler du contexte en Irlande. Mais finalement, ça va de soi. Tout le monde est bien conscient de l'enjeu.

Vous étiez absent des derniers matchs. Vous sentez une responsabilité peser sur vos épaules pour votre retour?
Non, j'essaye juste d'être là, d'avoir un état d'esprit positif pour le groupe. Etre généreux, attaquer, défendre, donner de bons ballons. Je ne ressens pas un poids. C'est toute l'équipe qui est concernée. On y va tous ensemble. Avec le staff.

L'idée vous effleure-t-elle de ne pas voir la France en Afrique du Sud?
Je ne me le dis pas. J'ai vraiment du mal à imaginer une Coupe du monde sans la France. Je ne réfléchis pas à ça. Je m'occupe de la préparation du match.  Je suis bien remis physiquement, je ne ressens pas de douleur. Ça fait un mois que j'ai repris et au niveau du rythme, ça va bien.

Vous êtes sensible au fait que les Irlandais ont l'intention de transformer ce match en bataille?

Il y a toujours un rapport de force dans un match. Il y aura des duels, de l'engagement, c'est inévitable. Dès qu'on a la possibilité de jouer notre football, il faudra essayer de faire déjouer cette équipe, éviter qu'ils nous imposent un gros pressing. Redoubler les passes à une touche de balle, mettre le ballon au sol.

Vous craignez l'engagement physique de vos adversaires?

Plusieurs de nos joueurs jouent dans le championnat anglais. Même dans les autres championnats, il y a de l'engagement. On est habitués. Les Britanniques, misent beaucoup sur cette notion de duel. Il faut être concentré là-dessus. Mais aussi sur notre façon de jouer au football.

Quand vous êtes là, le système de jeu des Bleus change (4-2-3-1). Vous le prenez comme une reconnaissance?
C'est déjà une reconnaissance déjà d'être sélectionné en équipe de France. Mais ce n'est pas moi qui ai changé le système. Moi, je suis joueur. Je viens ici avec beaucoup de motivation en essayant d'apporter au groupe mes qualités. Montrer que je suis motivé à l'entrainement. Après, c'est le coach qui prend la décision.

Un mot sur Nicolas Anelka, avec qui vous semblez bien vous entendre sur le terrain...

Il a un registre de jeu très étendu. Il arrive à prendre la profondeur, mais aussi demander le ballon dans les pieds. IL est capable de varier ses courses, ses enchainements. Il est très fort techniquement. Il va très vite en plus. J'arrive bien à le trouver. Il fait une excellente saison avec Chelsea. En Serbie, il est monstrueux. Il prend de l'importance au sein de l'équipe de France. C'est quelqu'un d'assez discret mais de positif pour le groupe.