L'ombre d'un doute

David Phelippeau

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Le FC Nantes n'est pourtant pas tombé de très haut. Lundi soir, après sa désillusion guingampaise (0-2), il a glissé dans l'escalier de la Ligue 2 de la troisième à la quatrième marche. Dès l'issue du match, alors que le milieu de terrain Harlington Shereni était victime d'un malaise bénin, le président Waldemar Kita a pris les choses en main. Pendant plus d'une heure, il a tancé ses joueurs et son staff, sans élever la voix. Pascal Praud, le directeur général délégué, soufflera à l'entraîneur Gernot Rohr, avant qu'il ne rejoigne la zone presse, le terme de « réunion de travail » pour qualifier la mise au point du président nantais. Car, à Nantes, pour l'heure, on réfute le mot « crise ».

« Ça ne veut pas dire grand chose, explique Rohr, qui semblait complètement abasourdi, lundi soir, après la réunion improvisée dans le vestiaire. C'est une mauvaise passe. » Très mauvaise même. Depuis trois rencontres, le FC Nantes a encaissé six buts sans en marquer un seul. Le constat de Rohr est simple : « La défense ne nous rassure pas, le milieu de terrain se cherche, l'attaque est muette. » Plus grave, « certaines attitudes sont inacceptables, selon le coach nantais. Il y a eu des manques de respect entre joueurs [Abdoun invectivant Zerka], des comportements qu'on ne peut pas tolérer. » Rohr n'hésite donc pas à parler d'un véritable « chantier » dans ce domaine. Assurément, le FC Nantes peut se targuer d'avoir beaucoup de talent pour la Ligue 2. Les Darcheville, Zerka, Abdoun ou encore Vainqueur sont supposés supérieurs à de nombreux joueurs de L2. La contrepartie, c'est qu'il faut au quotidien gérer leurs ego. W