Equipe de France: Thierry Henry, le boss

FOOTBALL Le Barcelonais est devenu le patron du vestiaire...

Matthieu Goar

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L'attaquant de l'équipe de France Thierry Henry, lors du match France - Roumanie du 5 septembre 2009 au Stade de France.
L'attaquant de l'équipe de France Thierry Henry, lors du match France - Roumanie du 5 septembre 2009 au Stade de France. — F.Fife/AFP

Enfin! Il aura donc fallu attendre une décennie pour que Thierry Henry devienne le patron des Bleus. En 1998, il était évidemment trop jeune. A l'Euro 2000, les boss du vestiaire s'appelaient encore Didier Deschamps et Laurent Blanc. En 2002, 2004 et 2006, Zinedine Zidane, plus en gestes qu'en paroles, menaient les Bleus. Sur la route tortueuse du Mondial 2010, le guide a changé. «Thierry a toujours été très investi dans la vie du groupe, c'est un leader, il a une grande expérience du haut niveau. Il sert de courroie de transmission entre les vieux et les plus jeunes», témoigne Alou Diarra qui avait participé à la Coupe du Monde 2006. Une expérience que Henry devra encore une fois transmettre samedi soir à ses troupes dans l'enfer vert de Croke Park.

 

>>Un match à suivre samedi soir en live de Dublin sur 20minutes.fr


Bien sûr il y a le terrain. Un pré qu'il n'a jamais abandonné. Contre la Roumanie, la Serbie et l'Autriche, l'attaquant barcelonais a encore marqué des buts décisifs pour maintenir le radeau bleu à flot. Avec 51 réalisations, il est devenu au passage le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France.

Un rôle primordial

Et puis il y a tout le reste. «Il ne fait pas forcément un discours dans le vestiaire à chaque fois mais il parle en dehors, sur le terrain. Les conversations, avec lui, c'est des conversations animées. Il a une grosse envie», poursuit Diarra. Un rôle salué par Raymond Domenech: «Je connais sa passion et son amour pour l'équipe de France.»


Quelques faits au passage. Qui a initié la fameuse discussion tactique avec Raymond Domenech la veille du nul contre la Roumanie (1-1)? Henry, d'ailleurs obligé de venir s'expliquer au 20 heures de TF1. Qui s'est permis de recadrer Karim Benzema après ses déclarations sur son manque d'envie en Bleu? Henry. Qui était déchaîné après l'égalisation face à la Roumanie, serrant le poing et haranguant le groupe? Personne à part Henry.


Un investissement à 100% pour l'équipe de France qui en arrive presque à faire peur aux journalistes espagnols. A Barcelone, le buteur a été très critiqué depuis quelques semaines. Certains quotidiens vont même jusqu'à s'étonner que, blessé pendant un mois et demi à la cuisse, le capitaine des Bleus retrouve son meilleur niveau à la veille des barrages. «Le plus important c'est le Barça et non Henry, Pedro ou Messi», a répliqué le buteur après avoir marqué son premier but de la saison face au Real Majorque lors de la 10e journée de la Liga.


Le match d'une vie?


Après avoir tout gagné, Henry est face à un nouveau défi: battre l'Irlande. Un équipe qu'il connaît bien. C'est dans le chaudron de Lansdowne Road, le 7 septembre 2005, qu'il avait inscrit l'un de ses buts les plus importants en bleu, replaçant à lui seul la France sur la voie menant au Mondial 2006. La France du foot avait salué le but et souligné les bienfait du retour des anciens, Zidane, Thuram et Makelele. Les chefs. Samedi, c'est autour d'Henry de mener «ses» Bleus en Afrique.