David Guez: la nouvelle guest-star du tennis français

TENNIS Tombeur du Suisse Wawrinka, ce Marseillais inconnu du grand public est la bonne surprise tricolore à Bercy...

Alexandre Pedro à Bercy

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 Le Français David Guez, lors du 1er tour du Masters de Bercy, le 10 novembre 2009.
 Le Français David Guez, lors du 1er tour du Masters de Bercy, le 10 novembre 2009. — J. DEMARTHON / REUTERS
De notre envoyé spécial à Bercy

Le tennis français n’a pas son pareil pour produire des joueurs aux trajectoires aussi alambiquées que tardives. A 26 ans, David Guez n’a plus rien d’un espoir. Pourtant, c’est bien à ce garçon, que personne n’avait vu venir, que l’on doit la première victoire française de ce Masters de Bercy. Face à un Stanislas Wawrinka fâché avec son tennis depuis des mois, Guez n’a pas laissé passer sa chance pour signer sa deuxième victoire (6-3, 6-4) sur le circuit ATP et se hisser au deuxième tour de Bercy.

A peine redescendu de son nuage et encore tout en sueur, le héros de l’après-midi fait face à une meute de journalistes inhabituelle pour ce routard du tennis plutôt rodé à l’anonymat des tournois de secondes zones. «Je savoure ce moment, je ne sais pas encore si je réalise ce que représente une victoire sur un gars du Top 20», se pince celui qui est venu à la balle jaune sur le tard après avoir longtemps songé à devenir footballeur.

Handicapé du bras droit


«Je me suis vraiment mis au tennis vers 14 ans. J’avais un bon niveau au foot, mais j’ai connu une mauvaise saison et j’ai commencé à obtenir en parallèle des bons résultats au tennis», raconte l’actuel 179e mondial. Du foot, Guez garde surtout une séquelle physique qui fait sa particularité et lui donne des allures de pantin désarticulé au service. «En troisième, je me suis fracturé et luxé le coude droit en jouant au football. Suite à une mauvaise rééducation, j’ai perdu une grande partie de l’extension de mon bras. Quand je l’ouvre, il me manque 50 degrés. C’est un gros handicap au service, mais je dois faire avec» relativise-t-il.

Pas de quoi donc abattre ce gros bosseur qui espère bien marcher dans les pas de Julien Boutter et Marc Gicquel, ces autres joueurs français arrivés sur le tard et passés par la porte de derrière. «Marc (Gicquel) a 32 ans et vient de passer quatre ans dans les 50-100 premiers. S’il m’arrivait la même chose, je serais le plus heureux», avance Guez qui devrait découvrir le Central de Bercy mercredi contre Gaël Monfils.

 Benneteau passe aussi

Après le zéro pointé de lundi, les Français redressent la barre à Bercy. Dans la foulée de David Guez, Julien Benneteau a arraché sa qualification pour le 2e tour en venant à bout de l’Allemand Philipp Petzschner (4-6, 7-5, 6-3). Au prochain tour, un certain Roger Federer l’attend.