« Six minutes, ça m'a paru long »

recueilli par Rémi Bostsarron

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Comment avez-vous vécu votre entrée surprise en fin de match à Munich, mardi ?

Lamine Sané : En fait, il fallait que trois joueurs aillent s'échauffer en cas de pépin, et j'en faisais partie. Et puis on m'a rappelé sur le banc pour que Gouffran y aille à son tour, et, au moment où je ­mettais mon blouson, le coach m'a ­demandé : « T'es chaud ? » Sur le coup, ça m'a surpris. Après, il s'est passé quelque chose que je ne saurais expliquer, je me suis tout de suite recadré. Je me suis dit que c'était une chance inouïe de jouer contre le Bayern à l'Allianz-Arena, et je ne me suis pas posé de question.

Le contexte était tout de même difficile pour débuter. Vous avez pu en faire abstraction ?

C'est clair que c'était impressionnant. J'avais une petite boule à l'estomac. Le coach m'avait dit qu'il me faisait confiance, mais me faire entrer pour tenir le score à Munich, il fallait oser ! Je n'ai joué que six minutes, mais ça m'a paru long. Ce n'est qu'au coup de sifflet final que je me suis vraiment rendu compte que j'étais sur le terrain.

Arrivé de Lormont (DH) en 2008, pro depuis cet été : mesurez-vous le chemin parcouru ?

Bien sûr. Me retrouver à Munich alors qu'il y a un an et demi je jouais des ­derbys entre Lormont et Mérignac, c'est fort. A l'époque, je ne pensais même pas jouer aux Girondins, je me faisais plaisir avec mes potes. Mais bon, j'ai encore du chemin à faire. Ce que j'ai vécu mardi, c'est bien pour un début, mais ça ne fait pas une carrière. Maintenant, je dois gagner du temps de jeu en Ligue 1. Je suis ambitieux mais patient. Je sais que j'ai des progrès à faire. W