Gilbert Gress: «J’étais davantage spectateur d'une pièce comique plutôt qu'acteur»

FOOT L'ancien entraîneur du RC Strasbourg balance dans un livre...

Propos recueillis par Floréal Hernandez, à Strasbourg

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L'entraîneur de Strasbourg, Gilbert Gress, lors d'un match contre Châteauroux, le 7 août 2009.
L'entraîneur de Strasbourg, Gilbert Gress, lors d'un match contre Châteauroux, le 7 août 2009. — J.-M.Loos/REUTERS

Gilbert Gress a été l'éphémère entraîneur de Stasbourg cet été. Au bout de deux matchs, après s'être mis le vestiaire et les médias à dos, le Franco-Suisse a été débarqué. Il revient sur ces semaines qui continuent de plomber la saison du RC Strasbourg. 




Pourquoi avoir écrit Fautes graves. Un été d’enfer à la Meinau (Editions du boulevard)?

A cause des messages de soutien que je reçois quand je pars de chez moi à 10h15 pour aller à la boulangerie, qui est à 80 m, et que je ne rentre qu’à 11h30. Même chose à l’enterrement d’Adrien Zeller (président de la région Alsace, le 27 août), à la cathédrale de Strasbourg, les gens sont venus pour me donner leurs cartes de visite pour me soutenir et me dire de ne pas me laisser salir comme on le fait en ce moment. Ce jour-là, en rentrant je me suis dit, je vais écrire un livre pour ces supporters et ma famille. Car ce qui a été dit et écrit dans la presse, cet été, était un ramassis de contre-vérités, de mensonges et de choses qui ne tiennent pas la route. Comment un journaliste alsacien, correspondant pour un grand quotidien national, peut-il envoyer un texte «Gress les use déjà» où sur quarante lignes, il n’y avait qu’un mot de juste, c’était qu’il faisait chaud? Tout le reste c’était des inventions. C’est d’un ridicule incroyable.

 

En écrivant ce livre, vous replongez dans la mêlée. Vous ne préfériez pas rester au-dessus?

Mais, on a parlé de «faillite humaine» me concernant. Quand tous les jours, des crétins écrivent sur moi. Mettez-vous à la place de mon épouse, de mon fils. Et puis à force de rester digne… Je le suis dans mon livre même si j’aurai bien voulu être plus virulent.

 

Sauf que vous prêtez une nouvelle fois le flanc à la critique…

(Il coupe) Quelle critique? Dans ce livre, il n’y a pas un mensonge. Pas un seul. J’essayais de faire mon travail honnêtement, mais je n’acceptais pas de passer pour le méchant. Je savais qu’en revenant au RCS, ça allait être extrêmement difficile. On m’avait prévenu. Mais je ne pensais pas que l’actionnaire majoritaire (Philippe Ginestet) tenterait de me déstabiliser.

 

N’avez-vous pas été naïf de revenir car vous pensiez que Jacky Kientz (président du RCS de janvier 1990 à septembre 1992) allait pouvoir racheter le club à Philippe Ginestet et être votre futur président?

C’est ce que ma femme m’a dit. Elle m’avait dit de ne pas m’abaisser à rentrer au Racing. Puis, elle m’a dit: 'Si tu reviens pour Jacky Kientz, il faut qu’il soit d’abord dans le club'. Je ne l’ai pas écouté. L’actionnaire majoritaire (Ginestet) reprochait à Furlan de ne pas respecter sa parole donc je pensais que lui tiendrait la sienne de vendre le club.

 

Avez-vous des regrets d’être revenu au chevet du Racing?

Je n’aurais pas dû revenir. C’est clair et net. A refaire, je ne le referais pas.

 

Pensez-vous avoir une part de responsabilité dans les difficultés actuelles du RCS (dernier de Ligue 2)?

Aucune. J’étais davantage spectateur d’une pièce comique plutôt qu’acteur. Pour réussir une saison, il faut réussir les transferts et la préparation. On était loin de réussir tout ça. En stage entre ceux qui voulaient partir et les blessés, c’était le cirque. Je ne vois pas ce que j’aurais pu faire d’autre. Quand j’ai su que Jacky ne venait pas, j’ai su qu’on allait dans le mur. Cette place de dernier n’est qu’une demi-surprise.

 

Ce livre ne va-t-il pas vous jouez des tours dans votre procédure de licenciement?

Si c’était une question d’argent, je ne serais pas resté quinze ans à Neuchâtel, je ne serais pas venu à Strasbourg. J’ai dit à Arsène Wenger récemment: «Tu est plus intelligent que moi car toi, tu n’es jamais venu entraîner le Racing!». Il y a d’autres valeurs que le fric.