Xavier Pentecôte, un attaquant taillé pour la Coupe d'Europe

Nicolas Stival

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Xavier Pentecôte aux prises avec les Lillois, en quart de finale de la Coupe de France.
Xavier Pentecôte aux prises avec les Lillois, en quart de finale de la Coupe de France. — DDM / MICHEL VIALA

Sauf énorme surprise, Xavier Pentecôte débutera la prochaine rencontre de Ligue Europa, demain au Stadium, face aux Ukrainiens du Shakhtar Donetsk. Il s'agira de la quatrième titularisation dans cette compétition du jeune attaquant de 23 ans, après le barrage retour contre Trabzonspor (0-1), le déplacement à Belgrade chez le Partizan (2-3) et le match aller à Donetsk (4-0).

En championnat, Pentecôte vit dans l'ombre de l'international André-Pierre Gignac, inamovible dans le système à un seul attaquant d'Alain Casanova. Autrefois barré par Elmander, il n'a encore jamais débuté un seul match de L1. Il s'est contenté de compiler 25 apparitions comme remplaçant - dont six cette saison, pour à peine 43 minutes de jeu - depuis ses débuts au printemps 2005. « Sur les rencontres que j'ai jouées cette saison, je sens que je monte en puissance, affirme l'ancien attaquant de Bastia, où il a été prêté avec succès en 2007-2008 [12 buts en 32 matchs de Ligue 2]. Contre Trabzonspor, je manquais de rythme, de repères, et je n'ai pas été à la hauteur des attentes. Ensuite, à Belgrade puis à Donetsk, j'ai progressé. »

Passeur décisif pour le premier but de Sirieix en Serbie, Pentecôte a été l'un des rares Violets à échapper au naufrage ukrainien, voici deux semaines. « Le Shakhtar va finir largement premier de la poule, estime-t-il. Mais nous avons le potentiel pour prendre la deuxième place qualificative [pour les 16es de finale]. Je pense qu'on est au-dessus de Bruges et de Belgrade. » Demain, le Marseillais d'origine souhaite que le TFC fasse « un gros match sur le plan collectif ». A titre personnel, il espère - enfin - marquer. « C'est mon plaisir et ça me manque beaucoup », avoue-t-il.

Opportuniste et prolifique chez les jeunes, en réserve et en L2, Pentecôte n'a inscrit que deux buts en pro avec Toulouse : un doublé en mars dernier, à Boulogne-sur-Mer (0-2), lors d'un 8e de finale de Coupe de France. Son temps de jeu famélique explique en grande partie ce mutisme. Mais le jeune homme accepte son sort. Avec une idée derrière la tête. « Je dois rester concentré, en jouant très peu, lâche-t-il. Il faut que je prépare mon avenir. "Dédé" est très courtisé, il est amené à faire une grande carrière dans de gros clubs. J'espère que le TFC me fera confiance pour prendre le relais. Pour cela, je dois être performant. »

La saison dernière, le Provençal a prolongé son contrat jusqu'en juin 2012, malgré son statut de remplaçant. « J'aime le club et la ville, glisse-t-il. Aujourd'hui, je me sens plus Toulousain que Marseillais. Je suis arrivé à l'âge de 14 ans, et j'en ai 23. Cela me tient vraiment à coeur de réussir ici. » W