L'attaque du Racing en berne

Floréal Hernandez

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« Nous n'avons quasiment pas cédé d'occasions à Strasbourg. » A l'inverse des attaquants du Racing, Yvon Pouliquen, l'entraîneur messin, a visé juste à l'issue du derby remporté par les Grenats (1-0), vendredi soir. Lors des huit premières journées de championnat, le point faible du RCS venait de sa défense qui prenait l'eau à chaque rencontre. Depuis cinq journées, si l'imperméabilité du but strasbourgeois n'est pas garantie, l'inefficacité offensive est chronique avec seulement deux buts en 450 minutes.

« Il nous manque des arguments offensifs pour faire peur à l'adversaire, reconnaît le coach strasbourgeois Pascal Janin. Avec l'absence de Nicolas Fauvergue, nous manquions d'atouts, à Metz. Sans lui, nous sommes moins performants. » Titularisé à droite de la défense suite au forfait de Jérémy Abadie, Arnaud Maire complète : « Nous avons été inefficaces dans la dernière passe. Nous n'avons pas été assez dangereux. »

Plusieurs raisons expliquent l'anémie offensive du Racing. Le club a perdu ses meilleures gâchettes à l'intersaison : James Fanchone, Kandia Traoré et Renaud Cohade (trente buts à eux trois). Lors des premiers matchs de la saison, l'hyper réalisme, voire le surrégime, de Magaye Gueye (cinq buts) a masqué les faiblesses de l'attaque. Aujourd'hui, les latéraux se concentrent sur leur tâche défensive, à juste titre, mais offensivement, ils n'apportent ni le surnombre ni le danger sur des centres.

Le jeu du Racing a évolué aussi. Pascal Janin souhaite mettre le danger le plus vite possible dans la moitié de terrain adverse, l'entraîneur du RCS demande à ses défenseurs de trouver le plus rapidement le point d'ancrage constitué par Nicolas Fauvergue. Une tactique qui a porté ses fruits lors des quatre matchs sans défaites (six points pris) mais qui rend aussi rapidement le ballon à l'adversaire. Après Tours, Nicolas Fauvergue (quatre buts) s'est plaint d'avoir eu à jouer 45 de ses 50 ballons de la tête et dans les airs.

Le RCS souffre aussi d'un rendement intermittent de ses attaquants, des blessures (actuellement Khiter, Kébé, précédemment Fauvergue, Ledy, Gargorov...) et de la « saudade » (mot portugais, qui exprime une tristesse empreinte de nostalgie) de Marcos. Pascal Janin fonde quelques espoirs sur le retour en forme de l'attaquant brésilien. Il ajoute : « Il nous faut absolument creuser des pistes susceptibles de venir nous renforcer prochainement. Sans renfort, j'ai peur que l'équipe tourne en rond un certain temps. » W