« Mon éducation m'a permis de faire cette carrière »

Recueilli par Nicolas Stival

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Pourquoi avoir écrit ce livre 118 vies (éd. Prolongations) ?

Dès que j'ai arrêté ma carrière internationale [à l'issue du Mondial 2007], beaucoup de gens m'ont posé des questions sur ma longévité au haut niveau. Je disais qu'il n'y avait pas de secret, que c'était simplement mon éducation qui m'avait permis de faire cette carrière. Ce livre, c'est ma manière de leur répondre.

Entre la sortie du livre, vos fonctions sur Canal+ ou à la Fédération française (FFR), votre agenda est bien rempli...

Il l'est même un peu trop, j'ai parfois du mal à tout assumer. Mais j'avais aussi peur de manquer d'activités.

Justement, avez-vous connu le sentiment de vide souvent évoqué par les sportifs de haut niveau à la fin de leur carrière ?

Pas pour l'instant. Tout le monde me parlait de l'arrêt de ma carrière comme d'une petite mort. On évoquait un risque de déprime, voire de dépression. Je suis heureux et actif, même si la vie de groupe me manque un peu. Alors, je passe parfois au Stade Toulousain prendre ma dose homéopathique, et ça repart.

Vous êtes devenu consultant télé. Quel effet cela fait-il de passer de l'autre côté de la barrière ?

C'est sympa d'avoir encore un oeil sur le rugby sans subir la pression du résultat. Cela élargit la vision des choses.

Vous autorisez-vous des critiques ?

S'il le faut, je le ferais. Je n'ai pas de soucis par rapport à ça. Mais j'ai été joueur, et je sais aussi qu'on peut connaître une phase de moins bien. Seulement, si je vois un match qui n'est pas bon, comme celui de vendredi dernier [Bayonne-Castres, 6-15], je ne vais pas dire qu'il l'est.

Parlez-nous de votre rôle à la FFR...

Comme chaque membre du comité directeur, j'ai un droit de regard sur tout ce qui se fait à la Fédération, et je donne mon avis. Le rugby est mon sport, j'ai envie qu'il continue à véhiculer des valeurs positives, pour lui et pour la société. J'ai aussi un rôle de manager de France A (la réserve du XV de France). Mais c'est beaucoup plus ponctuel. L'an prochain, il n'y a qu'une compétition, en juin.

Votre ancien coéquipier Thierry Dusautoir est le nouveau capitaine des Bleus. Votre réaction ?

Je suis très heureux, pour lui et pour l'équipe de France. Thierry est exemplaire comme joueur et comme homme. Il est dans la lignée des grandes personnalités qui ont fait ce sport, droites et qui assument ce qu'elles sont. C'est un bon choix pour le rugby qu'un métis soit capitaine de l'équipe de France. Notre sport a une image régionale, de France profonde. C'est un beau symbole.

Comment voyez-vous la saison du Stade Toulousain ?

Je la vois bien. L'équipe a eu un peu de mal en début de saison mais c'était dû au gros travail de préparation physique. Cela a empêché les joueurs de pouvoir exprimer tout leur talent d'entrée. Là, ils ont pris leur rythme de croisière. W