OM-PSG: typologie des fauteurs de troubles

FOOTBALL Les affrontements de dimanche ont mis aux prises des hooligans, des ultras mais aussi des habitants. Revue des troupes...

Matthieu Goar avec Stéphanie Harounyan

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Quelque 350 supporters du PSG ont quitté Marseille à 19h40 à bord d'un TGV spécialement affrété le 25 octobre 2009.
Quelque 350 supporters du PSG ont quitté Marseille à 19h40 à bord d'un TGV spécialement affrété le 25 octobre 2009. — S. PAGANO/REPORTAGES/20 MINUTES

Attention aux clichés. On pourrait ne voir dans les incidents de dimanche que deux groupes qui s'affrontent à grands cris de  «PSG enculés» ou  de «Marseillais va niquer ta mère». A y regarder de plus près, les bastons ont bien sûr mis aux prises différents groupes de supporters qui n'ont rien à voir entre eux. Mais aussi des monsieur et madame tout-le-monde. 20minutes.fr fait le point sur les incidents. 



Les hooligans de la tribune Boulogne


Comme à chaque match entre l’OM et le PSG, des bandes passionnées par la violence cherchent à en découdre. Cette année, les hooligans parisiens avaient décidé de se rendre en ville, en investissant les quartiers du Vieux Port. «Pour éviter les abords du stade extrêmement sécurisés, ils ont choisi un lieu plus neutre en espérant que les supporters marseillais les trouveraient et qu’ils pourraient se battre avec eux. Ils étaient prêts à répondre à la moindre provocation», explique Nicolas Hourcade, sociologue, spécialisé dans les mouvements de supporters. Une analyse confirmée par notre journaliste sur place qui a recueilli le témoignage d’un patron de bar qui confirme que tout serait parti d'insultes entre un groupe de supporters parisiens assis à une table et des passants. Ces hooligans de la tribune Boulogne, descendus pour la plupart en voiture par leur propre moyen, sont bien connus des forces de police qui se doutaient de leur présence en ville.




Face à eux…

Des ultras marseillais (qui appartiennent à des groupes de supporters bien identifiés) informés de la possible présence de hooligans parisiens en ville mais aussi la population locale ont réagi aux provocations. Des habitants du quartier ont ainsi jeté des choses par les fenêtres sur les supporters parisiens et des minots ont tapé dans le tas. «Des gens ont profité de cette situation pour être violent. Ils ne se revendiquent pas forcément comme supporters», explique le procureur adjoint Christophe Barret. A Marseille, sur les 16 personnes interpellées, seule 1 appartient à un  groupe de supporters.



Les Ultras Auteuil


Loin du Vieux Port, les Ultras d’Auteuil (une mouvance qui porte le nom d’une tribune du Parc des Princes) avaient prévu de se rendre directement au Stade Vélodrome. Ces groupes, beaucoup plus organisés que les hooligans, devaient alors être pris en charge par les force de l'ordre. Quand ils ont appris le report du match sur la route, ils ont demandé aux chauffeurs de les amener à la gare Saint-Charles alors que tout le monde les attendaient au stade. Une improvisation qui a surpris les forces de l’ordre.  «Les ultras d’Auteuil ne sont pas obsédés par la violence mais ils aiment de plus en plus montrer leur force. Depuis le début de la saison, ils ont défilé dans une cité à Montpellier ou encore balancé des fumigènes à Monaco. Ils sont arrivés à la gare en car et, ne sachant pas trop où aller, ils ont commencé à descendre une avenue», raconte Nicolas Hourcade. Seulement leurs provocations ont mis le feu aux poudres.


Avenue Léon Gambetta. Un supporter parisien est fauché par une voiture qui prend la fuite (attention, ces images peuvent choquer)…




Gare Saint-Charles





Face à eux…


Personne n’avait prévu ce débarquement à la gare. Ni les CRS, ni les supporters marseillais. Du coup, c’est la population locale de ce quartier populaire qui a réagi. «Ils’agit d’un phénomène de foule improvisée», a confirmé le Directeur départemental de la Sécurité, Pascal Lalle. Poubelles enflammées, jets de couteaux, les affrontements se sont vite transformés en émeutes urbaines. Un peu comme en 1998 pendant la Coupe du monde, lorsque les Anglais et la population locale s’étaient battus. Sauf qu'à l'époque, les affrontements avaient duré plus de 24 heures. Dimanche, ils n'ont duré que quelques heures...