FM 2010: Le succès du recrutement 2.0

JEU VIDEO Le jeu de management se développe avant tout grâce à sa communauté de fans...

Romain Scotto
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La jaquette de Football Manager 2010.
La jaquette de Football Manager 2010. — Sport Interactive/SEGA

Quel club de foot peut se vanter de posséder plus de 1.000 recruteurs à travers le monde? D'avoir un oeil sur tout ce que la planète foot compte de joueurs pros, ou semi-pros, et de prévoir l'éclosion des futures cracks? A priori, même à coups de pétrodollars émirati, aucune équipe n'a poussé la recherche aussi loin que celle de Football Manager - FM pour les accrocs -, dont l'édition 2010 débarque vendredi prochain.


Pour les profanes, difficile de comprendre ce qu'il y a à déguster derrière cette interface plutôt austère (quoi que largement améliorée). Ce qui pousse chaque année des entraîneurs sur clavier à sacrifier des nuits entières, dans l'espoir de remporter un jour la Ligue des champions avec le PSG. Sur Facebook, le groupe «J'ai raté ma vie à cause de Football Manager» compte 585 fans.


Une forte communauté sur le Net


Depuis le début de la saga FM, c'est ce travail de prospection et de notation individuelle qui a fait la renommée du jeu. Sur les cinq continents, 400.000 profils de joueurs, entraîneurs, préparateurs ont été épluchés. Une tâche colossale qui permet d'affiner la fameuse base de données du jeu, l'essence même de Football Manager, mais surtout sa valeur ajoutée face à tous ses concurrents.


«Les scouts qui travaillent avec nous sont souvent des gens de la communauté qui se démarquent», note Nicolas Dicker, chef de produit chez Sega. Au départ, ils ont souvent une remarque à nous faire sur un joueur, on les écoute, on sent qu'ils s'impliquent, et on leur propose de devenir scout pour nous.» De ce cercle de passionnés, très présent sur le Net, naît donc chaque année un jeu 2.0. Les meilleurs d'entre eux sont rémunérés. Les autres conseillent bénévolement.


Un outil de recrutement pour Everton


Une poignée de professionnels du foot collaboreraient aussi avec les concepteurs du jeu. «Des Anglais, plus que des Français. On les appelle, ils nous donnent leur avis et on en tient compte. Mais ils ne sont pas sous contrat.» Le but étant à chaque fois de coller au plus près à la réalité. Dès qu'une perle pointe le bout de ses crampons, elle est aussi très vite mise en avant par la communauté. La prophétie se vérifie bien souvent dans la réalité. Miles Jacobson, le patron du studio Sport Interactive, assure même que, grâce au jeu, un jeune Sud-Américain (dont il ne révèle pas l'identité) a été récemment recruté par un club de Liga. Les dirigeants l'auraient repéré en jouant...


Car ce nid d'infos est très prisé par les agents ou les recruteurs des clubs (les vrais). Il suffit d'acheter le jeu pour avoir accès à la base de données. A Everton, on a quand même souhaité aller un peu plus loin. L'équipe de Premier League a signé pour un an un contrat exclusif avec Sport Interactive pour exploiter les atouts cachés de la base de données. Des détails invisibles comme les marges d'évolution des joueurs, très utile pour recruter. Le concept est nouveau. On saura dans les années à venir s'il permet aux Toffees de soulever un trophée. Pour que l'hypothèse ne soit plus envisagée que dans un jeu.