Morgane Ribout: «Je ne m'emballe pas»

JUDO La championne du monde accueille avec prudence sa notoriété naissante...

Propos recueillis par Florent Bouteiller

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La judoka française Morgane Ribout, lors des championnats du monde junior à Coubertin, le 23 octobre 2009.
La judoka française Morgane Ribout, lors des championnats du monde junior à Coubertin, le 23 octobre 2009. — F.Bouteiller/20Minutes

Les championnats du monde junior de judo se disputent ce week-end à Coubertin. L’occasion pour les seniors d’observer leurs concurrents de demain. Et dans les couloirs, 20minutes.fr a croisé la toute récente championne du monde en –57kg, Morgane Ribout.

 
Ce titre de championne du monde a-t-il chamboulé votre vie?
Disons que j'ai été très sollicitée. Entre les émissions de télé et les reportages, je courrais à droite à gauche. C’était la folie, mais je suis contente d’en avoir fait un maximum. En dehors des médias, j’ai rencontré des boîtes de communication qui pourraient me dénicher des contrats. Dans cette multitude d’offres, c’est souvent difficile de faire le bon choix. Alors, je ne m’emballe pas. J’ai un bon staff qui me conseille et qui m’accompagne, notamment Thierry Rey. Et puis, je me pose pas mal de questions sur mon avenir professionnel et sur une éventuelle formation… mais je ne sais pas dans quel secteur. 
 
Qu’est-ce que vous allez faire de l’argent que vous avez gagné?
Je réfléchis à quelques placements, mais je n’ai encore rien décidé. Pour l’instant, j’épargne et puis on verra par la suite si une bonne occasion se présente. Acheter un appartement sur Paris m’intéresse, mais pour l’instant, je suis bien en colocation. Certes, j’ai gagné un peu de sous, mais mon compte n’est pas non plus sur le point d’exploser…
 
Vous avez repris l’entraînement ?
Oui, il y a une semaine. La fédération m’a accordé une semaine de vacances en plus parce que je n’ai pas pu me reposer. C’était vraiment dur. Remettre le kimono, se faire mal pour préparer les prochains rendez-vous, ça n’est pas évident.
 
D’autant que la concurrence s’annonce rude…
Oui, entre La Rizza qui monte dans ma catégorie, Harel qui a les crocs et bien d’autres encore, il va falloir que je sois solide. Mais bon, c’est le jeu et c’est une source de motivation pour moi. Rien n’est immuable, tout peut changer sur un championnat. Si je ne gagne pas, je perdrai ma place. Rien de plus logique. L’important, c’est d’avoir faim.
 
Quelles seront vos prochaines échéances?
En décembre, je fais la Coupe Kano. En janvier, je ne pourrai pas faire les championnats de France, car je participe au Master de Corée qui réunit les 15 meilleurs athlètes (de la catégorie). Et en février, le tournoi de Paris, bien sûr. Autant dire que le niveau sera très relevé dans toutes ces compétitions. Mon objectif cette année, c’est de devenir championne d’Europe.
 
Ce titre a-t-il changé quelque chose chez vous?
Pour les gens oui, c’est sûr. On m’accorde beaucoup d’attention. On me vanne sur mon titre, mais c’est affectueux. Personnellement, je n’ai pas l’impression d’avoir changé. Ce n’est pas parce que je suis championne du monde que je dois être différente. Je suis toujours aussi cool et il faut que ça perdure. Je me dis que si j’ai gagné à Rotterdam, c’était grâce à cette décontraction. Alors, il ne faut rien changer.
 
Les Jeux olympiques, maintenant, vous y pensez?
Un peu plus, mais c’est loin. Chaque combat gagné sera une marche supplémentaire vers cette échéance. Je ne tire pas de plans sur la comète. Il y a des combats durs à mener avant.