Bordeaux veut guérir le mal par le match

Rémi Bostsarron

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Est-ce vraiment le meilleur moment pour défier un géant ? Malmenés en Ligue 1, les Girondins n'ont pas fait le plein de confiance avant d'aborder la réception du Bayern Munich, ce soir (20 h 45). Un match qui s'annonce comme l'un des tournants de cette phase de poule de la Ligue des champions. Mais pour Laurent Blanc, si les deux revers consécutifs, à Saint-Etienne et à Auxerre, doivent avoir un impact dans la préparation de ce sommet entre les coleaders du groupe A, il sera positif. « Ces deux défaites nous ont fait du bien, assure-t-il. Il y a eu un manque d'humilité et on a vu le résultat quand on oublie les fondamentaux. Je sais que ces erreurs, l'équipe ne les fera pas en Ligue des champions, car elle sait qu'à ce niveau de compétition, elle n'aurait aucune chance de gagner. »

Plutôt que de craindre un éventuel cycle négatif, l'entraîneur bordelais dit attendre avec impatience de « se mesurer à un grand d'Europe », pour assister à « la remise en question de [ses] hommes ». Il sait de quoi ils sont capables, il l'a vu contre Chelsea l'an passé (1-1) et face à la Juventus Turin, il y a un mois (1-1). « Si on reproduit le même match, je suis persuadé qu'on peut faire un résultat, affirme-t-il. Sinon, on n'a rien à espérer. » Reste donc à ses joueurs à se métamorphoser, comme l'explique le capitaine Alou Diarra, bien conscient de l'ampleur de la tâche : « Il faudra élever notre niveau tactique, technique et physique, montrer davantage de respect et faire un minimum de fautes. »

En face, le Bayern devra aussi se sublimer pour être à la hauteur de sa réputation. Le vice-champion d'Allemagne, à la peine en Bundesliga (6e), sera notamment privé de ses ailiers Franck Ribéry et Arjen Robben, blessés. Mais mêmes diminués, les Bavarois demeurent de vieux briscards de la Ligue des champions, capables de remporter un match sans le dominer. « Les Français ont payé pour le savoir : contre les équipes allemandes, on a souvent l'impression qu'on peut gagner et à la sortie on perd, rappelle Laurent Blanc. Sans leurs ailiers, leur système sera différent, mais ce sera toujours du jeu allemand. Il faudra être à la hauteur dans la rigueur et dans l'impact, sinon on se fera laminer. » W