Un retour du tonnerre à Brest pour Janin

Floréal Hernandez

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Apprécié par ses joueurs, Pascal Janin (ci-dessus en août dernier) montre aussi en public une sérénité à toute épreuve.
Apprécié par ses joueurs, Pascal Janin (ci-dessus en août dernier) montre aussi en public une sérénité à toute épreuve. — G. VARELA / 20 MINUTES

Pascal Janin n'est pas resté en rade. Licencié de Brest en octobre 2008 après une série de cinq défaites en Ligue 2 et une élimination en Coupe de Ligue, l'ancien gardien va faire son retour au stade Francis-Le-Blé, vendredi pour la onzième journée de Ligue 2. « J'ai passé cinq saisons, là-bas, rappelle le coach strasbourgeois, âgé de 53 ans. C'est moi qui ai choisi une partie des joueurs qui composent l'équipe. C'était aussi ma première expérience d'entraîneur. C'est un souvenir particulier. »

Comme au Racing, Pascal Janin a profité du licenciement du numéro 1 au Stade brestois pour arriver sur le devant de la scène à... 51 ans. Avant d'accéder à la tête d'une équipe professionnelle, il sera passé par tous les postes à Strasbourg, Metz ou Brest : d'entraîneur de jeunes ou d'une équipe réserve à celui des gardiens ou adjoint.

« J'ai eu un parcours assez long, reconnaît l'homme à la moustache et à la mouche argentées pour expliquer cette arrivée en 2007 sur un banc pro. Et puis, j'ai passé tardivement le DEPF [diplôme d'entraîneur professionnel de football]. » Son éternelle casquette noire sur la tête, il poursuit : « Si je l'ai passé, c'est que j'avais envie d'être entraîneur en chef, de rester dans le monde pro. A Brest, je me sentais assez mûr pour prendre seul une équipe. Les circonstances font que ça arrive plus ou moins facilement. » Et ce, dans des conditions rarement confortables. En janvier 2007, Pascal Janin a récupéré le Stade brestois seizième avec un point d'avance sur le premier relégable après 20 journées. Le club finistérien obtiendra son maintien à la dernière journée avant d'enchaîner une année 2007-2008 plus tranquille et terminée à la septième place.

Moins de deux ans après avoir remplacé Thierry Goudet sur le banc breton, c'est lui qui saute. « Son discours passait toujours auprès des joueurs, affirme Ahmed Kantari, l'ancien strasbourgeois actuellement pilier de la défense finistérienne. Il a payé notre spirale négative. Pourtant, nos matchs étaient cohérents. » S'il a gardé des contacts avec des membres du staff breton, Pascal Janin en a « moins » avec Corentin Martins, le directeur sportif et ancien du RCS. « Je ne sais pas pourquoi, plaisante-t-il. Nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes sur les renforts et les départs. Je n'ai pas apprécié d'être mené en bateau. J'aime travailler dans la franchise. On peut ne pas être d'accord mais on ne maquille pas la vérité », assène tranquillement l'Angevin. Une sérénité qui ne semble pas quitter l'entraîneur du Racing lorsqu'il est en public. Vendredi après la première victoire strasbourgeoise, un simple sourire barrait son visage. Sûr qu'en cas de succès à Brest, vendredi, Pascal Janin ne se départira pas de son flegme britannique. W