« Personne n' a vraiment perçu sa profonde détresse »

Recueilli par Matthieu Payen

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Alain Deloeil, pourquoi disait-on de Frank Vandenbrouck qu'il était le cycliste le plus doué de sa génération ?

Parce qu'il dominait tout le monde dans toutes les catégories. Il avait de la classe, de la prestance et une force irrésistible. Il était doué dans tous les compartiments. Quand il est arrivé dans le monde pro, il s'est tout de suite adapté et il a rapidement gagné des courses. C'était un très bon coureur de classique, mais il était capable de briller dans des courses à étapes comme Paris-Nice [qu'il remporte en 1998].

L'avez-vous revu depuis son départ de Cofidis en 2000, pour cause de dopage?

Oui, je le recroisais sur les courses en Belgique. Et puis je prenais des nouvelles régulièrement, parce que c'est un coureur que je suivais beaucoup sur les classiques quand il était chez nous. Evidemment, il était décrié comme cycliste, mais je l'appréciais en tant qu'homme.

Sa descente aux enfers vous a-t-elle rendu triste ?

Oui, beaucoup. Il a brûlé la vie par les deux bouts. Mais quand on le connaissait un peu, on avait envie de lui tendre la main. Personne n'a pourtant vraiment perçu sa profonde détresse. Après sa tentative de suicide [en 2007], il n'aurait plus fallu le lâcher. C'est sûr, il n'était plus ce qu'il avait été et ça devait être extrêmement dur à vivre. W