« Je suis quelqu'un d'ambitieux et peut-être trop perfectionniste »

Recueilli par Sandrine Dominique

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Ben Arfa préfère se concentrer sur ses performances en club, avant de penser aux Bleus.
Ben Arfa préfère se concentrer sur ses performances en club, avant de penser aux Bleus. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

En deux matchs, vous semblez avoir retrouvé vos sensations. Est-ce le renouveau d'Hatem Ben Arfa ?

Je ne dirais pas ça. Je travaille bien à l'entraînement. J'essaie de me donner à fond, de retrouver les sensations. Depuis le match de Monaco (1-2), j'ai de bons repères sur le terrain et de bonnes jambes. Vendredi [contre Nîmes en amical, victoire 1-2 et but de Ban Arfa] j'ai joué une rencontre entière. La confiance revient. Je suis content d'avoir aligné deux telles performances. Ça va crescendo mais j'essaie de travailler sur la constance.

On parle souvent de vous comme d'un enfant gâté. Cela vous énerve-t-il ?

C'est vous qui dites ça. Moi je suis quelqu'un qui a beaucoup d'ambitions, peut-être trop perfectionniste. Mais la presse, vous parlez sans connaître le fond des gens. J'ai toujours essayé de faire le maximum, même si c'était maladroit. Mais à 17 ans on ne peut pas tout savoir, on manque d'expérience, de maturité. Maintenant j'arrive à un âge où j'ai assez de vécu dans ce métier. Je connais les erreurs que j'ai faites et j'essaie de tout donner.

Pourtant il y a toujours cette image de « bad boy » qui vous colle à la peau, comme lors de l'entraînement raté mardi dernier...

Oui et on en a fait tout un plat. Mais je vais avoir gain de cause car je vais porter plainte contre l'aéroport. Il y a eu une erreur informatique qui a fait que j'ai loupé l'entraînement. On a dit que j'avais séché... De toute façon, à la moindre chose on va parler de moi. Ça ne me touche plus.

Que vous apportent les recrues comme Lucho, Heinze, Morientes ?

Ils nous apportent leur expérience, leur professionnalisme et leur envie constante de s'améliorer. Ils tendent vers la perfection. A leurs côtés, toi aussi tu veux progresser. Et tu te mets dans la tête qu'il faut toujours travailler.

Justement, quel regard portez-vous sur votre progression ?

J'aurais voulu avoir une progression [plus rapide]. Maintenant c'est le destin. Des événements ont peut-être fait que je n'ai pas avancé plus que ça. Mais je n'ai que 22 ans et encore tout l'avenir devant moi. Cette expérience me servira.

L'OM est-il à l'abri d'une crise, même en cas de nouvelle contre-performance à Nancy samedi ?

Si on enchaîne deux victoires, tout va rentrer dans l'ordre. Il y a une certaine sérénité dans le vestiaire. On a tous envie de gagner et même s'il y avait une mauvaise perf, je ne crois pas que ça dégénérerait.

Croyez-vous toujours en vos chances de jouer le Mondial 2010 avec les Bleus ?

Tout est ouvert jusqu'à la dernière seconde. A moi d'enchaîner les bonnes performances avec mon club. Mais aujourd'hui je pense surtout à être bien aux entrainements et bien dans les matchs. Après, si les performances sont là, ça viendra. W