Le Stade Français fait son difficile

RUGBY Malgré leur large victoire contre Edimbourg, les Parisiens retiennent surtout leur deuxième mi-temps ratée...

Alexandre Pedro

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 Pascal Papé (au centre) est félicité par ses partenaires du Stade Français après son essai contre l'équipe d'Edimbourg en H Cup, le 10 octobre
 Pascal Papé (au centre) est félicité par ses partenaires du Stade Français après son essai contre l'équipe d'Edimbourg en H Cup, le 10 octobre — T.Coex/AFP

C’est l’éternelle histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. Malgré une victoire (31-7) et un bonus offensif dans la besace samedi face à Edimbourg en ouverture de la Coupe d’Europe, Jacques Delmas a préféré retenir la deuxième mi-temps gérée en petit épicier par ses joueurs. «A la pause je leur avais demandé de rester les mêmes, de rester concentrés et de garder les ballons. Apparemment, ça n'a pas fonctionné», pointe du doigt l’entraineur. Un agacement partagé par les joueurs eux-mêmes.  «On perd la deuxième mi-temps 7-3 après avoir gagné la première 28-0. Ça résume tout», souffle Pascal Papé, auteur du troisième essai de son équipe.

A la décharge des Parisiens, il n’y a rien d’infamant à vouloir se préserver quand on a plié le sort d’un match en l’espace d’une demi-heure; le temps nécessaire aux Parisiens pour planter quatre essais à des Ecossais débordant de naïveté. «En deuxième mi-temps, on s'est relâché collectivement, chacun n'a pas donné le meilleur de lui-même et on leur a laissé plus d'espaces», analyse Pascal Papé. Quand on lui parle de la solidité de sa défense, Jacques Delmas écarte le compliment d’un revers d’une main: «En première mi-temps, notre premier rideau est transpercé trois fois, enfin de match on prend un essai et on manque d’en prendre un second».

«Homme du match pour ma femme et ma mère»


A bien y chercher, les sous-sols du Jean-Bouin cachent tout de même quelques joueurs satisfaits ou disons moins fines bouches. «On a fait une grosse, grosse première mi-temps avec une bonne défense et en marquant de jolis essais en contre grâce à notre défense», préfère retenir le demi-de-mêlée Julien Dupuy, pourtant jamais le dernier pour l’autocritique. Mais l’homme le plus heureux de l’après-midi s’appelle Rodrigo Roncero. Le pilier argentin a été homme du match et n’en revient toujours pas. «C’est la première fois que ça m’arrive, d’habitude je suis seulement l’homme du match pour ma femme et ma mère». Pour lui, le verre était bien rempli.