Une saisie de produits «intrigants» sur le Tour de France

DOPAGE Ils ne figurent pas sur la liste des produits interdits mais n'ont rien à faire dans la pharmacie d'une équipe cycliste, selon l'AFLD...

R.S.

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Les policiers français lors d'un contrôle antidopage sur le Tour de France 2008, le 24 juillet lors d'une étape entre Bourg d'Oisans et Saint-Etienne.
Les policiers français lors d'un contrôle antidopage sur le Tour de France 2008, le 24 juillet lors d'une étape entre Bourg d'Oisans et Saint-Etienne. — R.Duvignau/REUTERS

Dans la pharmacie d’une équipe cycliste la présence de certains produits, interdits ou non, peut sembler troublante. Lors du dernier tour de France, c’est un arsenal médical digne de celui d’un établissement hospitalier qui a été retrouvé au sein de plusieurs équipes, dont les noms ne sont pas encore connus, lors d’une saisie judiciaire. L’Agence française de lutte contre le dopage a dévoilé cette information en marge de la publication de son rapport d’activité annuel, mercredi.

Etrangement, cette saisie judiciaire, qui a donc eu lieu en plein Tour de France, n’a pas été médiatisée.



Dans la liste des onze produits actifs figurent des antihypertenseurs, des antidépresseurs stimulants, des anticonvulsivant réservés au traitement de la psychose et aux maniaco-dépressifs, des hypnotiques utilisés pour les troubles du sommeil et surtout des antidiabétiques, favorisant la sécrétion d’insuline.

La plupart d'entre eux n'auraient pas bénéficé d'une autorisation d'importation auprès de l'AFSSAPS, ce qui est contraire au règlement en vigueur.



Des produits masquants ou limitant les effets secondaires



«En principe, ces médicaments n’ont rien à faire dans des compétitions sportives. On les utilise en pathologie. Pas pour des cyclistes», analyse le professeur Michel Rieu, le conseiller scientifique de l’AFLD qui n’a pas dévoilé le nom des équipes concernées.



L’agence française a d’ores et déjà transmis à l’AMA cette liste de produits jugés «intrigants et incongrus» dans la mallette d’un médecin d’équipe. Selon Michel Rieu, ces médicaments ne sont pas encore prohibés car «ils n’ont pas d’effet ergogénique». Autrement dit, pas d’effet direct sur la performance. «Mais ils peuvent facilement faire office de masquants ou diminuer les effets secondaires d’autres produits.» Une autre façon de tremper dans le dopage.