Bordeaux-Bègles au stade de la séduction

Rémi Bostsarron

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C'est une première dans l'histoire de la Pro D2 : jamais, avant l'Union-Agen de dimanche (14 h 15) au stade Chaban-Delmas, un match de cette division ne s'était déroulé dans une enceinte de plus de 30 000 places. Et l'événement est d'autant plus remarquable qu'il est organisé à Bordeaux, cette ville dont le reste du Sud-Ouest raille le peu d'engouement pour le ballon ovale. Les dirigeants de l'Union ne peuvent d'ailleurs donner tort à ces détracteurs : c'est bien pour faire parler de leur club qu'ils ont décidé de recevoir le leader dans le stade des footballeurs. Mais ne voient-ils pas un peu grand, alors que l'Union attire généralement entre 4 000 et 5 000 spectateurs dans son stade André-Moga, et végète depuis trois saisons dans le milieu de tableau ?

« On ne peut pas attendre d'être en Top 14 pour tenter ce genre de chose, assure le président Laurent Marti. Depuis deux ans que je suis là, je me dévoue pour ce club, c'est moi qui boucle le budget, et je le fais parce que je sais qu'il y a tous les ingrédients pour réussir. Mais j'attends toujours un signe fort de l'extérieur. Ce match permet de poser la question clairement aux institutions, au partenaire et au public : veut-on d'un grand club de rugby à Bordeaux ? » La mairie, à qui appartient le stade, et les Girondins, qui mettent à disposition leurs stadiers, ont joué le jeu. Et l'exposition médiatique ne manquera pas, puisque le match sera diffusé sur Sport+. Reste donc à savoir si les Bordelais eux-mêmes répondront présents. Pour s'assurer leur soutien, l'Union s'est offert des affiches et des publicités dans les médias, et propose des billets à bas prix, à partir de 5 euros. Elle n'espère pas remplir le stade, mais au moins faire mieux que les Agenais, qui viendront en force avec 5 000 supporters. Car le prestigieux voisin compte bien profiter lui aussi de cette rencontre historique : l'occasion est belle de remettre les ambitieux Girondins à leur place. W