a l'asvel, kangur se sent pousser des ailes

Stéphane Marteau

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Un MVP en a remplacé un autre. Faute d'avoir trouvé un accord avec Amara Sy, le meilleur joueur de la dernière finale du championnat de France, l'Asvel s'est tournée cet été vers son pendant estonien, Kristjan Kangur (26 ans, 2,02 m), pour occuper le poste d'ailier polyvalent. « J'ai entendu parler d'Amara. C'est un très bon joueur. Mais je n'ai pas de pression supplémentaire. Je suis venu à Villeurbanne pour faire mon boulot et je vais essayer de le faire du mieux possible. »

Kristjan Kangur s'est plutôt bien acquitté de sa tâche, vendredi dernier, lors de la défaite concédée face à Dijon (75-81). Avec Ali Traoré, il fut l'une des rares satisfactions villeurbannaises, même s'il estime devoir encore prendre ses marques au sein du collectif dirigé par Vincent Collet, auquel il compte apporter « une bonne défense et [sa] dimension physique ».

L'ancien joueur de Tallinn reconnaît avoir été « surpris » par le basket pratiqué en Pro A. « Ça va plus vite et c'est plus physique qu'en Estonie ou en Ligue Baltique. » Le niveau promet d'être encore plus élevé en Euroligue, une compétition qu'il s'apprête à découvrir et qui l'a motivé à rejoindre l'Asvel qu'il avait affronté il y a deux ans en Coupe Uleb. Il avait inscrit 24 points lors du match aller disputé à l'Astroballe. « J'étais également en contact avec Pesaro, mais l'Euroligue a été l'argument principal à ma venue. Je souhaitais faire évoluer ma carrière, car j'avais le sentiment d'avoir fait le tour en Estonie. » Kangur a en effet tout gagné dans son pays. Il avait déjà connu une première expérience à l'étranger, en Allemagne. Durant deux saisons (2004-2006), il a évolué au Bayer Leverkusen. « Mais je ne me sentais pas à l'aise dans cette formation et j'ai saisi l'opportunité de revenir à Tallinn, où une bonne équipe se montait. Aujourd'hui, la situation économique est difficile pour le basket estonien car les équipes sont semi-professionnelles. Il y a pourtant de bons éléments en équipe nationale, mais ils jouent tous au pays. Il faudrait qu'ils aient l'opportunité d'évoluer à l'étranger pour progresser. » L'international estonien a donc décidé de franchir le pas, même s'il aura du mal à marcher sur les traces de son compatriote Martin Müürsepp, qui fut le premier à être drafté par une franchise NBA (Utah Jazz en 1996), avant d'évoluer à Miami et Dallas. W